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Libération de Lazarevic : ses propres ravisseurs comme monnaie d’échange ?

Selon des premières révélations, la libération de l’otage Serge Lazarevic a été rendue possible en contrepartie de la remise en liberté de deux militants touaregs. Ces deux membres d'Aqmi auraient activement participé à son enlèvement.

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Le Mali bruissait depuis plusieurs jours de la libération prochaine de l’otage français Serge Lazarevic. L’arrivée à Kidal du négociateur nigérien Mohamed Akotey, réputé dans les cercles du renseignement pour ses liens avec la rébellion touareg dans le Sahel, laissait augurer d’un processus similaire à celui qui a mené à la libération en 2013 des quatre otages kidnappés à Arlit, au Niger.

Et le dernier otage français dans le monde a finalement été libéré mardi 9 décembre, après trois ans de captivité aux mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Cette libération s’illustre cependant par un aspect inédit : Serge Lazarevic aurait ainsi été échangé contre des militants d’Aqmi qui avaient participé à son enlèvement à Hombari, au Mali, en novembre 2011.

"On parle de deux hommes - Mohamed Ali Ag Wadossene et Heiba Ag Acherif - qui ont quitté la prison centrale de Bamako hier et ont rejoint le Niger. C’était probablement la dernière condition posée par les ravisseurs", explique Matthieu Mabin, spécialiste de la région sur l’antenne de France 24.

"Il semblerait également que ces deux hommes aient eu un rôle dans l’enlèvement même de Serge Lazarevic. C’est l’échange de l’otage contre les ravisseurs." ajoute le grand reporter.

Rançon de 20 millions d’euros ?

Le correspondant de RFI au Mali, Serge Daniel, a également évoqué la libération de ces militants d’Aqmi. Le journaliste explique que les négociations s’étaient particulièrement accélérées après la diffusion, le 17 novembre dernier, par le groupe terroriste, d'une vidéo montrant Serge Lazarevic vivant mais très affaibli.

"[Mohamed Akotey] a pris contact avec les proches de Iyad ag Ghali (leader historique de la rébellion touareg au nord Mali et fondateur du groupe islamiste Ansar Dine, NDLR). C’est un cousin à lui qui détenait en fait Serge Lazarevic", explique le journaliste.

"Deux choses ont compté", ajoute Serge Daniel. "Il y a la rançon, ça c’est inévitable avec Al-Qaïda au Maghreb islamique, personne ne le dément. Et il y aurait eu effectivement libération". Les autorités françaises n’ont confirmé officiellement ni paiement de rançon, ni libération de prisonniers. Les médias maliens avaient quant à eux fait état d’une demande de rançon de 20 millions d’euros exigée par Aqmi.

Serge Lazarevic est désormais en route vers Niamey, la capitale du Niger, d’où il prendra un vol pour la France. Un trajet qui souligne une fois de plus le rôle déterminant des services nigériens, en collaboration avec la France et le Mali, dans la libération du dernier otage français.
 

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