UNION EUROPÉENNE

Près de 3 500 migrants sont morts en Méditerranée depuis janvier

Plus de 207 000 migrants ont tenté de traverser la Méditerranée depuis le début de l'année.
Plus de 207 000 migrants ont tenté de traverser la Méditerranée depuis le début de l'année. Archives AFP

Le Haut Commissariat aux réfugiés a annoncé mercredi qu'au moins 3 419 migrants avaient perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l'année, ce qui en fait "la route la plus mortelle du monde" en 2014, selon l'ONU.

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Depuis le mois de janvier, au moins 3 419 migrants ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerrannée, a annoncé mercredi 10 décembre le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU.

Au total, plus de 207 000 migrants ont tenté de traverser la Méditerranée en 2014, un chiffre presque trois fois plus élevé que le précédent record de 2011, lorsque 70 000 migrants avaient fui leur pays lors du printemps arabe, a indiqué l’agence des Nations unies en charge des réfugiés.

"Ces chiffres constituent une nouvelle étape à laquelle nous assistons cette année : nous faisons fasse à un arc de conflits et l'Europe y a été directement confrontée", a déclaré le porte-parole du HCR, Adrian Edwards.

>> À voir sur France 24 : "Immigration en Méditerranée : prêts à risquer leur vie pour rejoindre l’Europe"

Avec des conflits au sud (Libye), à l'est (Ukraine) et au sud-est (Syrie/Irak), l'Europe connaît actuellement le plus grand nombre d'arrivées par la mer. Près de 80 % des départs s'effectuent depuis les côtes libyennes pour rejoindre l'Italie ou Malte.

La plupart des migrants arrivés en Italie cette année sont Syriens (60 051), dont le pays est ravagé par une guerre civile depuis plus de trois ans et demi, et Érythréens (34 561), qui fuient leur pays pour échapper à la répression brutale du pouvoir, au service militaire à vie, et au travail forcé, non rémunéré et à durée illimitée.

"Mauvaise réaction" des États européens

Le HCR a critiqué la gestion migratoire des États européens, regrettant que certains gouvernements se focalisent davantage sur le maintien des étrangers hors de leurs frontières que sur le respect de l'asile. "C'est une erreur, et précisément la mauvaise réaction à avoir dans une période où un nombre record de personnes fuient la guerre", a affirmé António Guterres, Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés.

"Tous les pays ont des préoccupations de sécurité et de gestion de l'immigration, mais les politiques doivent être conçues de manière à ne pas conduire à ce que les vies humaines deviennent des dommages collatéraux."

"Vous ne pouvez pas utiliser des moyens de dissuasion pour empêcher une personne de fuir pour sauver sa vie, sauf en augmentant les dangers", a insisté António Guterres. Selon lui, les États doivent "s'attaquer aux vraies causes profondes, c'est-à-dire examiner les raisons pour lesquelles les personnes fuient, ce qui les empêche de chercher asile par des moyens plus sûrs, et ce qui peut être fait pour sévir contre les réseaux criminels qui prospèrent dans ce contexte, tout en protégeant les victimes".

Toutefois, si la Méditerranée constitue "la route la plus mortelle du monde" selon le HCR, elle n'est pas la seule. Au moins 348000 migrants dans le monde ont entrepris de traverser une mer depuis début janvier, un pic jamais atteint. Le HCR a dénombré 540 victimes sur les 54 000 ayant tenté de traverser le golfe de Bengale en Asie du Sud-Est, la plupart en provenance du Bangladesh ou de Birmanie et à destination de la Thaïlande ou de la Malaisie. En mer Rouge et dans le golfe d'Aden, au moins 242 personnes ont perdu la vie, tandis que dans les Caraïbes, le nombre de morts ou de disparitions signalées s'élevait à 71 début décembre.

Avec AFP

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