ANALYSE

Les deux rives de la Méditerranée unies contre le terrorisme au Sahel

Soldats français en 2013 durant l’opération Serval, qui a précédé l’opération Barkhane au Mali.
Soldats français en 2013 durant l’opération Serval, qui a précédé l’opération Barkhane au Mali. Philippe Desmazes, AFP

L’initiative européano-africaine "5+5" pour la sécurité en Méditerranée est réunie en Espagne pour renforcer la coopération anti-terroriste dans le Sahel. Armelle Charrier revient sur les enjeux d’une stratégie unifiée dans la région.

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On l’appelle "5+5 défense". Lancée en 2004, l’initiative regroupant cinq pays européens (France, l’Espagne, Italie, Malte et Portugal) et cinq Africains (Libye, Algérie, Tunisie, Maroc et Mauritanie) dans le but de renforcer la sécurité en Méditerranée concentre aujourd’hui ses efforts sur la zone sahélo-saharienne en proie à la menace d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), au trafic d'armes et à l'immigration clandestine.

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Réunis du 11 au 12 décembre à Grenade, dans le sud de l’Espagne, les ministres de la Défense de 10 pays concernés tâcheront de définir les contours d’une stratégie unifiée dans la région. Les dirigeants du 5+5 craignent en effet "une contamination de la menace jihadiste qui, à partir du moment où elle éclot dans le Sahel, peut ensuite emprunter des voies, qui la mèneront aux rives de la Méditerranée", explique Armelle Charrier, spécialiste des questions internationales à France 24.

L’opération Barkhane aux avant-postes

Pour l’heure, le groupe n’est jamais parvenu à dépasser les déclarations d’intention en matière de coopération multilatérale. Une opération militaire visant à lutter contre le terrorisme dans le Sahel existe déjà. Placée sous le commandement de la France, l’opération Barkhane, lancée le 1er août 2014 dans le prolongement de Serval, assure un contrôle de la région, en partenariat avec la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.

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"Cette mission a pour but de comprendre et de contrôler les mouvements jihadistes dans la zone sahélienne, commente la journaliste. On sait que l’opération Serval a permis de neutraliser un certain nombre de jihadistes et de déstabiliser le mouvement. Il n’en reste pas moins qu’ils reviennent ponctuellement et que leur priorité est de se restructurer."

L’opération militaire intervient notamment au Mali, dans les massifs montagneux du nord-est du pays, où elle tente de débusquer les caches d’armes et d’identifier les réseaux téléphoniques établis par les terroristes. Mais cette zone ne peut être la seule concernée par la lutte contre le terrorisme.

"Il existe aujourd’hui une porte d’entrée très importante où s’écoule un nombre important d’armes, observe Armelle Charrier. Elle se situe du côté du nord du Niger et du sud de la Libye. L’enjeu est d’y installer un poste avancé." Les pays du "5+5" redoutent que l’afflux d’armes n’atteigne le Burkina Faso et, plus loin encore, le groupe Boko Haram au Nigeria. En clair, "le commerce des armes en Libye est le problème majeur à résoudre pour le '5+5'".

 

 

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