HAÏTI

Crise politique haïtienne : le président prêt à sacrifier son Premier ministre

Des manifestations ont éclaté à Port-au-Prince le 12 décembre, réclamant le départ de Martelly et Lamothe.
Des manifestations ont éclaté à Port-au-Prince le 12 décembre, réclamant le départ de Martelly et Lamothe. Hector Retamal, AFP

Alors que Haïti traverse une grave crise politique, le président Michel Martelly a annoncé, vendredi, que son Premier ministre était "prêt à démissionner". À l’origine de cette crise, l’incapacité des dirigeants à organiser de nouvelles élections.

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Alors qu'une grave crise politique secoue Haïti, le président Michel Martelly a annoncé, vendredi 12 décembre, que le Premier ministre, Laurent Lamothe, était "prêt à démissionner".

"Aujourd'hui, je reconnais cette position qu'il prend pour aider à trouver une issue à cette nouvelle crise. Je le félicite pour son courage et sa détermination à aider Haïti", a déclaré le chef de l'État, élu en 2011. Depuis plusieurs semaines l’opposition réclamait le départ du chef du gouvernement.

Michel Martelly a convoqué une commission de consultation pour proposer une issue à la crise politique. Le départ de Laurent Lamothe figurait parmi les recommandations. Le président de l'île caribéenne a par ailleurs garanti, qu’il commencerait, dès lundi, à rencontrer les acteurs concernés par ces propositions.

Vide politique

À l’origine de cette crise : l’incapacité des dirigeants à organiser de nouvelles élections. Un scrutin devait être organisé fin octobre mais ne s’est finalement pas tenu, alors que le mandat du Parlement haïtien prend fin le 12 janvier.

Sans élection organisée d’ici là, le pays risque de se retrouver dans un vide politique, permettant au président Martelly de diriger par décrets. L’opposition l’accuse de faire échouer l’organisation d’un scrutin dans le but d’instaurer une dictature en Haïti.

Vendredi, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Port-au-Prince, la capitale, pour réclamer le départ du président et de son Premier ministre. Les manifestants ont ensuite été violemment dispersés par la police quand certains ont tenté de forcer un barrage pour entrer dans le palais présidentiel.

Des rafales d'armes automatiques ont été tirées par des policiers, tandis que des casques bleus de l'ONU ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui s'approchaient du palais national.

Un véhicule de la Mission de l'ONU en Haïti (Minustah) a été pris pour cible par des jeunes militants de l'opposition, qui ont lancé des pierres contre des casques bleus.

"Que les États-Unis viennent les chercher"

Les protestataires ont appelé les États-Unis à débarrasser Haïti de ses dirigeants. "Martelly et Lamothe doivent partir", "Que les Américains viennent les chercher puisqu'ils les avaient placés au pouvoir", ont scandé des manifestants.

Les États-Unis ont appellé l’État haïtien à organiser des élections le plus rapidement possible. "Les élections sont essentielles au développement démocratique de Haïti et aux avancées pour sa reconstruction et son développement", a estimé la porte-parole du département d'État américain, Jennifer Psaki. Haïti attend des élections législatives et municipales depuis plus de trois ans.

Avec AFP
 

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