AUSTRALIE

Prise d'otages dans un café en plein cœur de Sydney

Des dizaines de policiers armés encerlaient le Lindt Chocolate Cafe où se déroulait la prise d'otages lundi.
Des dizaines de policiers armés encerlaient le Lindt Chocolate Cafe où se déroulait la prise d'otages lundi. AFP, Saeed Khan

Au moins un homme armé retient depuis plusieurs heures, lundi, un nombre inconnu d'otages dans un café de Sydney, en Australie. Un drapeau noir islamique a été plaqué sur une fenêtre. Trois otages ont été vus sortir du café en courant.

Publicité

Une prise d’otages est en cours, lundi 15 décembre à Sydney, en Australie. Selon la police, "moins de trente" personnes sont retenues dans un café du quartier d'affaires de la capitale par un homme armé, et un drapeau islamique noir a été plaqué sur une fenêtre par des otages.

L'alerte a été donnée lundi matin, peu avant minuit en France. Au bout de plus de six heures, trois personnes on été vues en train de sortir du café en courant, selon les images diffusées en direct par la chaîne de télévision Channel 7, alors que la police se rapprochait de la porte. Des négociateurs sont en contact avec l'homme armé, selon la police.

La chef adjointe de la police de Nouvelle-Galles du Sud, Catherine Burn, a refusé de dire combien d'otages étaient encore retenus dans le café, se bornant à affirmer qu'il y en avait "moins de trente". Elle a ajouté que rien n'indiquait que des otages aient été blessés.

Martin Place, une place piétonne située dans le quartier d'affaires de Sydney et qui abrite de nombreuses administrations, a été évacuée et verrouillée par les forces de sécurité.

D’après la correspondante de France 24 en Australie, Isabelle Dellerba, l'homme armé a été vu entrant dans le café "en portant un sac". "On ne connait pas ses motivations", a-t-elle ajouté.

"Je peux confirmer qu'on a un auteur armé dans l'établissement qui retient un nombre indéterminé d'otages", a déclaré, quatre heures après le début de la prise d'otages, le chef de la police de l'État de Nouvelle-Galles du Sud, Andrew Scipione, selon qui on ne peut pas encore parler d'opération terroriste. "Nous sommes prêts en cas de besoin", a-t-il indiqué, "mais nous voulons résoudre la situation de manière pacifique et nous ferons tout pour y parvenir".

Drapeau noir et chahada

Des dizaines de policiers en armes encerclent le Lindt Chocolat Cafe. Des images des télévisions ont montré un drapeau noir avec une inscription en caractères arabes plaqué par des otages contre une fenêtre de l'établissement. Il semblerait qu'il s'agisse de la chahada, ou profession de foi musulmane : "Il n'y a de Dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète." "Cela laisse penser à un lien idéologique avec une organisation salafiste jihadiste", affirme la correspondante de France 24.

La police est intervenue au même moment à l'Opéra de Sydney, qui a été évacué, apparemment à la suite d'une alerte au colis suspect, sans qu'il soit possible d'établir un lien avec la prise d'otages.

En septembre, l'Australie, engagée aux côtés des États-Unis dans la lutte contre l'organisation de l'État islamique (EI), avait relevé son niveau d'alerte face à la menace terroriste représentée par les combattants jihadistes australiens de retour d'Irak et de Syrie.

Réunion du comité de sécurité nationale

Patrick Byrne, un producteur de la chaîne de télévision Channel 7, dont la rédaction se trouve en face du café, a indiqué que le personnel de la chaîne avait vu la prise d'otages se dérouler sous ses yeux. "Nous nous sommes précipités à la fenêtre et nous avons eu la vision choquante et glaçante de personnes plaçant leurs mains levées contre les vitres du café", a-t-il indiqué à l'Australian Broadcasting Corporation.

Le Premier ministre australien Tony Abbott a aussitôt convoqué le Comité de sécurité nationale, réunissant les membres de son gouvernement et des conseillers chargés des questions de sécurité, afin de faire face à la situation.

"Nous ne connaissons pas les motivations de l'auteur, nous ne savons pas s'il agit pour des motifs politiques mais de toute évidence, il existe des éléments allant dans ce sens", a-t-il déclaré à la presse. "Le but de la violence politique, c'est de faire peur aux gens pour qu'ils ne soient plus eux-mêmes. L'Australie est une société pacifique, ouverte et généreuse. Rien ne doit changer cela et c'est pour cela que je demande aux Australiens de vaquer à leurs occupations habituelles", a lancé le Premier ministre australien.

>> À lire sur France24 : "L'Australie, une cible de choix pour l'organisation de l'EI ?"

Peu avant l'annonce de la prise d'otages, la police avait annoncé l'arrestation d'un homme à Sydney dans le cadre d'une enquête sur la préparation d'attentats en Australie. Le suspect, âgé de 25 ans, a été interpellé dans le cadre "d'investigations en cours sur la préparation d'un attentat sur le territoire australien et l'aide au voyage de citoyens australiens vers la Syrie pour participer à des activités armées", selon un communiqué de la police.

D'après les estimations, plus de 70 Australiens combattent actuellement dans les rangs jihadistes en Irak et en Syrie. Au moins 20 d'entre eux y ont été tués et les autorités craignent que davantage de jeunes se radicalisent et commettent des attentats sur le territoire australien.

Fin octobre, l'Australie a durci sa législation anti-terroriste en interdisant notamment tout voyage sans raison valable vers des pays considérés comme des foyers du terrorisme international. Les contrevenants encourent jusqu'à 10 ans de prison.

Avec AFP et Reuters
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine