BURKINA FASO

Le parti de l'ex-président Compaoré suspendu au Burkina Faso

L'ex-président burkinabè, Blaise Compaoré, est resté au pouvoir pendant 27 ans.
L'ex-président burkinabè, Blaise Compaoré, est resté au pouvoir pendant 27 ans. Sia Kambou, AFP

Le gouvernement intérimaire du Burkina Faso a annoncé lundi la suspension temporaire, pour "activités incompatibles avec la loi", du CDP, le parti de l'ex-président Blaise Compaoré, chassé par la rue fin octobre après 27 ans de règne.

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Le gouvernement de transition du Burkina Faso a annoncé, lundi 15 décembre, la suspension temporaire du parti politique de l'ancien président Blaise Compaoré et de deux groupes politiques alliés qui le soutenaient lorsqu'il était au pouvoir.

Le ministère de l'Administration territoriale et de la Sécurité a indiqué que le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) de Compaoré, ainsi que l'ADF-RDA, troisième parti du pays, et le groupe politique Fedap-BC menaient des "activités incompatibles avec la loi constituant la charte des partis et formations politiques".

Le ministère a précisé que cette suspension était temporaire. "La sanction ne peut pas excéder trois mois et les partis peuvent contester la décision devant le tribunal administratif", a dit Sadou Sidibé, secrétaire général du ministère.

Le CDP n'a pas réagi dans l'immédiat à la décision de suspension, mais l'ADF/RDA a dit en "prendre acte".

Tourner la page des années Compaoré

Il s'agit d'une des mesures les plus fortes prises par les autorités de transition, qui ont affiché leur volonté de tourner la page des années Compaoré.

Le CDP constituait le bras politique de l'ancien régime. Il a remporté toutes les élections depuis sa création en 1996, et disposait, à lui seul, de la majorité absolue à l'Assemblée nationale depuis les législatives de 2007.

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L'ADF/RDA, ancienne formation d'opposition, avait rejoint la majorité en 2005. Ce parti a été particulièrement décrié pour avoir soutenu le CDP lors du débat sur la révision de la Constitution burkinabè, qui a précipité la chute de l'ancien président.

Après avoir passé 27 ans à la tête de l'État, Blaise Compaoré a fui son pays en octobre face à d'importantes manifestations contre sa tentative de modifier la Constitution afin de briguer un troisième mandat présidentiel. Le lieutenant-colonel Isaac Zida, commandant la garde présidentielle, s'était proclamé chef de l'État avant de remettre le pouvoir à un gouvernement civil qui doit conduire le pays à des élections générales l'an prochain.

Avec Reuters et AFP

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