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Asie - pacifique

Attaque de Peshawar : les Taliban "désespérés par les avancées des militaires"

© AFP | Plus de 130 enfants ont été tués, mardi 16 décembre, dans l'attaque de l'école de Peshawar.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/12/2014

Des Taliban pakistanais ont tué mardi 141 personnes dans une école de Peshawar. Le groupe à l'origine de l’attaque, divisé en son sein, a agi en représailles à l’avancée de l’armée contre son fief. Analyse avec Karim Pakzad, spécialiste de la région.

Les Taliban pakistanais ont perpétré mardi 16 décembre la plus sanglante attaque terroriste de l'histoire du pays dans une école d'enfants de soldats, à Peshawar, métropole du nord-ouest du pays.

L'assaut s'est achevé après plus de sept heures de combat avec la mort des six assaillants taliban mais aussi de 141 personnes dont 132 écoliers. Des survivants ont raconté comment les Taliban passaient de classe en classe pour abattre à la chaîne des enfants parfois âgés d'à peine 12 ans.

>>> A lire sur France 24 : Les Leçons de l'attaque de Peshawar, le billet de blog de Leela Jacinto (en anglais) <<<

Le Tehrik-e-Taliban Pakistan [TTP, Mouvement des Taliban du Pakistan], en lutte depuis plus de sept ans contre le gouvernement pakistanais et accusé d’avoir tué des milliers de Pakistanais, a revendiqué ce carnage. Pour comprendre ce qui a provoqué ce bain de sang, France 24 a interrogé Karim Pakzad, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques à Paris, spécialiste de l’Afghanistan et du Pakistan.

FRANCE 24 - Les Taliban qui ont attaqué cette école ont déclaré vouloir se venger de l’armée. Pourquoi ?

Karim Pakzad : Il s’agissait de répondre à l’offensive lancée mi-juin par l’armée pakistanaise contre les fiefs des Taliban au Pakistan. Pour une fois, c’est une opération de grande envergure qui commence à donner des résultats et qui a fait plusieurs milliers de morts parmi les militants du TTP. Indéniablement, l’armée a marqué des points ces derniers temps dans les zones tribales du nord-ouest, frontalières de l'Afghanistan, d’où cette attaque vengeresse menée aujourd’hui à Peshawar. Il fallait s’attendre à des représailles voire à une attaque spectaculaire en termes de violence, tant les Taliban sont désespérés par les avancées des militaires.

F24 : Qui se cache derrière le mouvement Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) qui a revendiqué l’attaque?

K.P. : Il s’agit d’un mouvement extrêmement divisé, surtout depuis l’offensive de l’armée. Son chef actuel, le mollah Fazlullah, est très contesté. Il s’est d’ailleurs réfugié en Afghanistan, de l’autre côté de la frontière, laissant libre le terrain à l’armée pakistanaise pour mener son offensive. C’est ce qui a notamment poussé vers la dissidence un groupe radical et extrêmement violent qui s’appelle Jamaat al-Ahrar et qui a commis l’attaque d’aujourd’hui. Ce groupe, qui se revendique désormais comme le "véritable TTP", était resté fidèle à la tribu fondatrice du mouvement des Taliban du Pakistan, celle des Mehsud, originaire des zones tribales reculées du Waziristan. Or jusqu’à la mort, l’année dernière, du chef Hakimullah Mehsud, tué par un tir de drone américain, le TTP avait toujours été dirigé par un Mehsud. On s’attendait à voir les dissidents du Jamaat al-Ahrar commettre des attentats au Pakistan afin de prendre le dessus sur les Taliban. Ils ont marqué leur territoire avec cette attaque sanglante d’aujourd’hui. En effet, parmi les mouvements jihadistes, c’est celui qui est le plus extrémiste, le plus fanatique et qui a la capacité de rassembler autour de lui les autres factions.

F24 : L’armée pakistanaise peut-elle laisser une telle attaque sans réponse ?

K.P. : Impossible. L’armée pakistanaise est un État dans l’État qui dirige en réalité la politique étrangère du pays, précisément celle qui concerne l’Inde et l’Afghanistan, deux de ses domaines réservés. L’armée n’a jamais réellement accepté que le Premier ministre Nawaz Sharif puisse ouvrir des pourparlers avec les Taliban qui étaient, avant l’opération militaire, en position de force pour négocier. Ces négociations ont d’ailleurs échoué puisque les exigences, à savoir l’application de la charia partout dans le pays, n’était acceptable ni pour le gouvernement, ni par la société. Aussi puissants soient-ils, les Taliban ne représentent qu’une extrême minorité dans le pays. Enfin et surtout, l’armée pakistanaise mène aujourd’hui une politique encouragée par Washington, qui a lié l'octroi de son importante aide militaire au Pakistan [suspendue après le près le raid contre la cache pakistanaise de Ben Laden, en 2011, NDLR], à la condition que l’armée s’engage de manière conséquente contre les mouvements extrémistes.
 

 

Réaction de la jeune militante prix Nobel de la paix, Malala Yousafzaï

Première publication : 16/12/2014

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