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Une école attaquée au Pakistan : 141 morts dont une majorité d'enfants

Plus de 130 enfants ont été tués, mardi 16 décembre, dans l'attaque de l'école de Peshawar.
Plus de 130 enfants ont été tués, mardi 16 décembre, dans l'attaque de l'école de Peshawar. AFP

Un groupe d’insurgés taliban a attaqué, mardi, une école à Peshawar, au nord-ouest du Pakistan, faisant 141 morts, dont 132 enfants, selon l’armée. Il s’agit de l’attaque terroriste la plus sanglante de l'histoire du Pakistan.

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Un commando composé de six Taliban vêtus d'uniformes de l'armée a attaqué, mardi 16 décembre, une école pour enfants de militaires à Peshawar, principale ville du nord-ouest du Pakistan. Le dernier bilan de l'armée fait état, mardi dans la soirée, de 141 morts, dont 132 enfants, faisant de cette attaque terroriste la plus sanglante de l'histoire du Pakistan.

Ont été également blessées 124 personnes, dont 121 enfants, dans cet assaut commando achevé en fin d'après-midi, a précisé le porte-parole de l'armée, le général Asim Bajwa, lors d'une conférence de presse à Peshawar.

L'assaut a duré près de sept heures et tous les assaillants sont morts, dont l'un en faisant exploser la bombe qu'il portait sur lui. L’attaque a été revendiquée par le groupe Tehreek-e-Taliban (TTP, Mouvement des Taliban du Pakistan).

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, qui va se rendre dans la région, a qualifié l'attaque de "tragédie nationale". Trois jours de deuil ont été décrétés par le gouvernement de la province. François Hollande a dénoncé cette attaque, la qualifiant d'"ignoble". "Aucun mot ne peut qualifier l'abjection d'une telle attaque contre des enfants dans leur école", a déclaré dans un communiqué le président français.

"Ils ont tiré sur les élèves"

"Un médecin militaire nous donnait un cours sur l'aide de première urgence lorsque les assaillants sont arrivés par l'arrière de l'école et ont commencé à tirer", a raconté un élève rescapé à la chaîne de télévision Dunya. "Nos professeurs ont verrouillé la porte et nous nous sommes tous couchés sur le sol mais les militants ont défoncé la porte. Ils ont d'abord tiré en l'air puis ont tiré sur les élèves, avant de s'en aller brusquement."

L'armée, très présente dans la ville, est rapidement intervenue. "Les troupes ont bouclé la zone et traquent les assaillants rebelles", a annoncé à l'AFP un responsable militaire local. "Beaucoup d'élèves et de professeurs ont été évacués", a-t-il ajouté. On estime que 500 personnes étaient présentes dans l'école au moment de l'attaque.


"Nous voulons qu'il ressentent notre douleur"

L’un des porte-parole du TTP, Muhammad Khurasani, a déclaré à l’AFP que le groupe avait décidé de mener cette attaque après avoir réalisé "une enquête qui a indiqué que les enfants de plusieurs haut responsables de l'armée étudient dans cette école". "Nous avons envoyé six hommes pour cette attaque, dont des snipers et des kamikazes (bardés d'explosifs)", a-t-il ajouté. Le TTP a précisé : "Nous avons visé cette école parce que l'armée vise nos familles. Nous voulons qu'il ressentent notre douleur." Quatre assaillants ont été tué dans l'assaut de l'armée.

Interrogé par France 24 sur le caractère militaire de la zone dans laquelle se trouve l'école, Georges Lefeuvre, consultant spécialiste de la région Afghanistan-Pakistan, a déclaré que l'attaque des Taliban dans un tel endroit ne le surprenait pas. "En 2007, après la crise de la mosquée rouge qui avait été attaquée, les Taliban avaient multiplié les attaques et fait de nombreux morts dans le quartier général de l’armée à Islamabad. [Pour eux] c’est une manière de dire : on peut agir partout et quand on veut", a-t-il rappelé.

Sylvain Rousseau, ancien correspondant de France 24 au Pakistan, confirme la capacité des Taliban à frapper n'importe où. "Peshawar est un symbole de l’armée, une ville garnison, proche de la frontière afghane et du Waziristan du Nord où se déroulent les opérations militaires", détaille-t-il pour France 24.

"Les Taliban pakistanais sont beaucoup plus radicalisés"

Georges Lefeuvre souligne que "le terrorisme dans la région est un terrorisme transfrontalier qui se situe dans les zones tribales des deux cotés de la frontière [entre le Pakistan et l’Afghanistan]". Selon lui, "les Taliban pakistanais sont beaucoup plus radicalisés que les Taliban afghans".

"Cette attaque n’est absolument pas surprenante. Les projecteurs de l’actualité se sont juste déplacés mais rien n’a changé au Pakistan", souligne Sylvain Rousseau.

Cet assaut intervient alors que l'armée mène depuis plusieurs mois une offensive d'ampleur contre ce mouvement rebelle dans ses bastions des zones tribales au nord-ouest du pays, proches de Peshawar et frontalières de l'Afghanistan. "Cette attaque est une réponse à l'offensive Zarb-e-Azab, à la vague d'assassinats perpétrée contre les Taliban et au harcèlement de leurs proches", a précise à l'AFP le porte-parole du TTP.

Avec AFP et Reuters
 

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