ÉTATS-UNIS

Mohammed Islam, le faux millionnaire qui plaisait tant aux médias

Mohammed Islam préside la club d'investissement de son lycée.
Mohammed Islam préside la club d'investissement de son lycée. Pixabay

L’adolescent new-yorkais Mohammed Islam a reconnu avoir monté de toutes pièces son histoire de fortune qu’il affirmait avoir amassée ces dernières années grâce à des paris boursiers.

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Il a avoué avoir menti à tout le monde. Mohammed Islam, l’adolescent qui affirmait valoir des millions de dollars grâce à ses talents de boursicoteur, n’a en fait jamais gagné un centime en bourse. Tout est parti d’une rumeur dans son lycée, nourrie en partie par lui et qui s’est transformée en histoire fascinante pour les médias, y compris France 24.

"Je suis terriblement désolé et je m’excuse auprès de tous ceux à qui j’ai pu faire de la peine, spécialement mes parents", a affirmé Mohammed Islam au "New York Observer", lundi 15 décembre. Il a avoué que son père avait menacé de le déshériter et que sa mère "ne voulait plus jamais lui parler" en apprenant ses mensonges.

Mohammed Islam avait monté son imposture depuis plus d’un an. Il apparaissait déjà dans la liste des "20 jeunes de moins de 20 ans à suivre" dans le classement 2013 du site économique "Business Insider". Mais c’est son témoignage au "New York Magazine", où il détaillait ses prouesses boursières, la voiture de luxe et l’appartement à Manhattan qu’il affirmait avoir pu s’offrir grâce à sa fortune, qui a réellement fait du jeune homme une star médiatique.

Ce lycéen avait même créé un compte Instagram sur lequel il postait des photos censées montrer son train de vie de jeune jet-setteur. Une page qu’il a, dès lundi 15 décembre, vidée de son contenu. L’un de ses amis du lycée, Damir Tulemaganbetov, confirmait également que Mohammed Islam était un génie de la finance.

Paris fictifs

En fait, ce fils d’immigrés du Bangladesh faisait bien des paris financiers… mais uniquement fictifs. C’était même l’activité principale du "club d’investissement" qu'il présidait au sein de son lycée new-yorkais. Il a affirmé au "New York Observer" que son taux de réussite dans ces simulations d’opérations boursières "était extrêmement élevé", et aurait pu lui permettre de gagner plus de 70 millions de dollars si elles avaient été réelles.

Alors certes, Mohammed Islam et son ami portent une certaine responsabilité dans l’histoire, mais, comme le souligne le "New York Observer", "ils ne sont pas encore des adultes et se sont laissés emporter par les événements". En clair, les médias qui ont relaté l’histoire aurait dû faire plus attention. Le quotidien britannique "The Guardian", qui avait également fait écho de la fausse information, a ensuite détaillé les invraisemblances dans le conte de fées boursier de l’adolescent.

À 17 ans, il est impossible de faire des transactions boursières en son nom propre et Mohammed Islam aurait dû passer par un courtier. Sauf qu’il n’y avait aucune trace d’un quelconque intermédiaire dans son histoire. Il affirmait avoir fait ses premiers gains en pariant sur des "penny stocks", des actions d’entreprises qui ne valent que quelques centimes. Problème : la plupart de ces actions ont particulièrement souffert depuis la crise, et il aurait été très difficile de faire fortune en misant sur ces valeurs.

Par la suite, le jeune homme avait affirmé avoir fait fortune en pariant sur le prix du pétrole, de l’or et de diverses actions. En clair, il suivait plusieurs stratégies d’investissement en même temps ce qui, "au sein d’un hedge fund traditionnel, mobilise une équipe entière de traders pour suivre toutes les évolutions des marchés en parallèle", conclut "The Guardian".

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