PROCHE-ORIENT

Le Parlement européen botte en touche sur la Palestine

Mohammed Abed, AFP

Pas de vote solennel, mais une simple motion reconnaissant "en principe l’État Palestinien". Une prise de position uniquement symbolique et très...diplomatique.

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Le Parlement européen ne s’est pas prononcé sur la reconnaissance de l’État palestinien, mais a seulement reconnu "en principe" un tel État, qui jouit déjà du statut d’État non-membre à l’ONU. Un choix qui a pour objectif de ne froisser personne. D’ores et déjà Leïla Shahid, représentante palestinienne auprès de l’UE, s’est félicité de ce vote. Les Israéliens devraient, eux, l’interpréter comme une demi-défaite - ou une demi-victoire, c’est selon.

Le même jour, la Cour de justice européenne a retiré le Hamas de la liste des organisations terroristes, en s’appuyant sur un simple vice de procédure. Elle n’a pas levé le gel des fonds que le Hamas ne peut percevoir pour Gaza. Et il est probable que la branche palestinienne des Frères musulmans réintégrera la dite liste. Là encore, en se félicitant de cette décision de justice et en y voyant un signe positif, Leïla Shahid se montre adepte de la méthode Coué.

Beaucoup de bruit pour rien, donc. Le vrai enjeu se situe au conseil de sécurité de l’ONU, où une proposition de résolution palestinienne doit être discuté mercredi. Celle-ci vise à exiger d’Israël un retrait sans condition de tous les territoires occupés depuis 1967, et ce dans un délai de deux ans.

Une telle résolution aurait pour conséquence de balayer la fameuse résolution 242, très ambiguë, mais qui fait autorité sur la question depuis près d’un demi-siècle : ele demande à Israël de se retirer de territoires ("from territories") et non de tous les territoires, dans le cadre d’un règlement du conflit.

Les États-Unis devraient logiquement mettre leur veto à ce projet et tentent de mettre au point un très illusoire compromis, peut-être inspiré du projet de résolution française. La France demande au conseil de se prononcer sur une résolution enjoignant les parties à régler leur diffèrend dans un délai de deux ans. Mais un tel texte n’aurait pas de réelle portée contraignante, hormis une hypothétique reconnaissance (là encore symbolique) de l’État palestinien par le gouvernement français.

En réalité le blocage devrait persister tant que deux obstacles majeurs ne seront pas levés. D'une part la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, qui compromet chaque jour davantage la création d’un État palestinien viable. Et d'autre part la position du Hamas, force incontournable de la société palestinienne, qui n’envisage un partage de la Palestine en deux États que comme une étape et nullement comme une solution définitive au conflit.
 

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