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Moyen-Orient

Falloujah : là où tout a commencé pour l'EI

© Photo extraite de la propagande de l'organisation de l'Etat islamique | Des jihadistes de l’EI durant les derniers combats à Anbar.

Texte par Wassim NASR

Dernière modification : 18/12/2014

Quelque 60 pays tentent de détruire via des frappes aériennes les positions de l’État islamique. Malgré les succès enregistrés à Kobané (Syrie) et au barrage de Mossoul (Irak), les jihadistes continuent à avancer depuis leur base de Falloujah.

Ni les frappes aériennes de la coalition, ni le déploiement de l’amée irakienne et de ses milices supplétives ne semblent en mesure de stopper l’avancée de l’organisation de l’État islamique (EI) dans la province d’Anbar, à l’ouest de l’Irak. Les villages autour de la ville d'Albaghdadi, des quartiers de la ville de Ramadi et plusieurs autres localités avoisinantes sont depuis le début de la semaine entre les mains de l'EI ou en situation de quasi-blocus.

Contrairement à 2007, ni les forces de la coalition ni l’armée irakienne ne semblent réussir à déloger l'occupant, faute de pouvoir à nouveau compter sur l’aide des tribus sunnites.

À l’époque en effet, les combattants sunnites des Sahwat ("éveil") financés, armés et entrainés par les Américains, avaient été à l’avant-garde de la contre-offensive contre Al-Qaïda en échange de la promesse d’une participation au pouvoir à Bagdad. Engagement sur lequel le gouvernement irakien de l’époque – et ceux qui suivirent – n’hésitèrent pas à revenir au grand dam des Américains. S’ajoutent aujourd’hui à ces promesses déçues la corruption endémique aux institutions irakiennes et le retour des chiites – longtemps opprimés – sur le devant de la scène.

Première ville à tomber entre les mains de l’EI en janvier 2014, qui en a fait le pivôt de sa conquête du territoire irakien, Falloujah mériterait d'être à nouveau l’objet de toutes les attentions.

Falloujah, pivôt de l'EI

Selon une source à Falloujah proche de l’EI, contactée à plusieurs reprises depuis janvier dernier par France 24, l’alliance entre l’organisation terroriste et les tribus sunnites n’est pas toujours objective. "On ne peut pas affirmer que tel ou tel clan est avec ou contre l’EI", explique-t-elle. "Au sein d’un même clan on peut trouver des personnes qui sont dans les rangs des jihadistes, d’autres qui sont avec les milices gouvernementales et d’autres qui ont décidé de rester neutres".

Différence majeure par rapport à ce qui s’était passé en 2007, le rôle joué par les jeunes générations : "Aujourd'hui les chefs de clans, qui soutiennent le gouvernement, ont de plus en plus de mal à justifier leur choix vis-à-vis des jeunes, qui sont le nerf de cette guerre".

À titre d’exemple de ces alliances fluctuantes, la condamnation à mort fin novembre par les autorités de Bagdad du député sunnite Ahmed al-Alwani, membre du clan Bou Alwan connu pour son hostilité envers l’EI. Cette condamnation a coïncidé avec l’avancée de l’EI dans les quartiers de Ramadi tenus par les hommes du clan. Pour autant, plusieurs chefs de clan sunnites accusent les mêmes autorités de les "abandonner à leur sort". Washington, de son côté, refuse, contrairement à l’époque du "Sahwat" en 2007, d’aider directement les tribus sunnites sans passer par l’intermédiaire de Bagdad.

Falloujah est sous la coupe de l’organisation de l'EI, qui y gère tous les aspects de la vie quotidienne, affirme cette même source : "L’EI a mis en place une administration, une justice, les rues sont nettoyées tous les jours…". L’organisation dirigée par Abu Bakr el-Baghdadi fournirait ainsi "des denrées de première nécessité aux commerçants [comme la farine ou le riz] pour les vendre à des prix cassés" et aurait "mis en place un système pour payer les propriétaires de générateurs électriques assurant le courant dans les quartiers de la ville qui en sont privés". Ce modèle serait appliqué dans toutes les zones syriennes et irakiennes tombées sous le contrôle de l’EI, signe d’une volonté de rassurer et de gagner la sympathie des populations locales et des plus démunis.

Une description quelque peu contrastée par le fait que, toujours selon ce contact, "la ville toujours est quasi encerclée et pilonnée par l’artillerie quotidiennement". Pourtant, approvisionnement et combattants, même étrangers, réussiraient à déjouer la vigilance de l’armée irakienne pour entrer dans la ville.

Enfin, l’EI aurait imposé un découpage "administratif" de l’ouest irakien, bien que ce territoire ne se trouve pas entièrement sous sa botte, à l’instar de Amriet al Fallouja, resté sous contrôle du gouvernement central de Bagdad. Une première willayat (gouvernorat) d'Anbar s’étend du nord de la région de Habaniyeh jusqu’à la ville de Hith. Suivent les willayat de Falloujah, qui s’étend de la ville de Habniyeh en passant par les villes de Falloujah, Karma et sa région, et celle de l’Euphrate. Cette dernière, située à cheval entre Al-Qaïm en Irak et Boukamal en Syrie, est particulièrement symbolique.

 

 

Première publication : 18/12/2014

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