CORÉE DU NORD

Droits de l'Homme : l'ONU veut renvoyer la Corée du Nord devant la CPI

Kim Jong-un, le dirigeant communiste du pays le plus fermé au monde.
Kim Jong-un, le dirigeant communiste du pays le plus fermé au monde. Agence de presse nord-coréenne

Une résolution non-contraignante a été adoptée à une large majorité par l'Assemblée générale de l'ONU, jeudi, appelant à saisir la Cour pénale internationale pour les crimes contre l'humanité commis par le régime nord-coréen.

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Pyongyang est dans le collimateur de la communauté internationale. L'Assemblée générale de l'ONU a en effet adopté à une large majorité, jeudi 18 décembre, une résolution non-contraignante appelant à saisir la Cour pénale internationale (CPI) pour les crimes contre l'humanité commis par le régime nord-coréen.

Ce texte, co-parrainé par 62 pays, a été adopté par 116 voix pour, 20 contre et 53 abstentions sur les 193 pays membres de l'Assemblée. Il demande aussi au Conseil de sécurité d'envisager des sanctions ciblées contre les dirigeants nord-coréens pour la répression implacable menée dans le pays.

Ce vote de l'Assemblée en plénière confirme une décision prise le 18 novembre par la commission des droits de l'Homme de l'Assemblée. Elle se fondait sur un rapport accablant d'une commission d'enquête de l'ONU qui accusait la Corée du Nord de commettre des atrocités "sans égal dans le monde contemporain".

Il revient désormais au Conseil de sécurité de saisir la CPI, compétente pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

Pyongyang protégé par Pékin

Mais selon des diplomates, la Chine, membre permanent du Conseil, opposerait certainement son veto à une telle saisine. Le Conseil de sécurité doit tenir lundi sa première réunion spécifiquement consacrée à la situation des droits de l'Homme en Corée du Nord, sans prendre de décision.

À l'Assemblée, le représentant nord-coréen a fustigé "un rapport (de l'ONU) fabriqué de toutes pièces à partir des témoignages d'un poignée de personnes ayant fait défection". "Nous ne tolérerons pas que la question des droits de l'Homme soit utilisée comme un moyen de renverser notre système social", a-t-il affirmé. Il a de nouveau affirmé que le Conseil devrait plutôt se pencher sur les "tortures perpétrées par la CIA", dénoncées dans un récent rapport du Sénat américain.

Les représentants de l'Iran, de Cuba, de l'Algérie ou encore du Sri Lanka ont apporté leur soutien à Pyongyang, en dénonçant un "précédent dangereux" qui porte atteinte à la souveraineté des États.

Selon une porte-parole de Human Rights Watch, Param-Preet Singh, "ce vote envoie un message fort pour dire que le monde est très inquiet des exactions atroces commises en Corée du Nord, (...) et qui sont liées à des politiques décidées au plus haut niveau de l'État".

Avec AFP
 

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