RUSSIE

Grand oral de Poutine : crise du rouble, Ukraine, Tchétchénie et... vie privée

Le président russe Vladimir Poutine, lors de la traditionnelle conférence de presse de fin d'année, le 18 décembre 2014.
Le président russe Vladimir Poutine, lors de la traditionnelle conférence de presse de fin d'année, le 18 décembre 2014. Alexander Nemenov, AFP

Lors de la traditionnelle conférence de presse de fin d’année, jeudi, le président russe a estimé que la crise monétaire qui secoue son pays trouverait "inévitablement" une issue. Et a accusé les Occidentaux de se comporter comme un "empire".

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Crise monétaire, situation en Ukraine, violences en Tchétchénie et… vie amoureuse. À l’occasion d’une conférence de presse marathon réunissant plus d'un millier de journalistes locaux et étrangers, jeudi 18 décembre, Vladimir Poutine a évoqué les dossiers les plus brûlants de son actuel mandat. France 24 fait le point.

- Crise économique : "Une sortie de la situation actuelle est inévitable"

Faire le dos rond. Interrogé sur l'aggravation de la crise financière dans son pays, le président russe a déclaré que l'économie russe finirait inévitablement par se redresser mais n'a présenté aucune solution concrète pour enrayer la chute du rouble sur les marchés des devises.

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"Vladimir Poutine doit rassurer"

De fait, le président du Kremlin estime que le gouvernement et la banque centrale ont pris les mesures "appropriées" face à une crise qu'il a attribuée à des "facteurs extérieurs". Tout en admettant que la banque centrale aurait pu agir plus rapidement pour soutenir le rouble, qui a perdu depuis le début de l'année près de 45 % de sa valeur face au dollar.

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L'économie russe, dont la stabilité a été l'une des clefs de sa popularité depuis son accession au pouvoir, fin 1999, s'oriente vers une récession, fruit de ce que le ministre de l'Économie, Alexeï Oulioukaïev, a qualifié de "parfait concours de circonstances" entre la baisse des cours du pétrole, les sanctions occidentales sur fond de crise ukrainienne et les difficultés économiques mondiales.

Selon le ministère de l'Économie, le produit intérieur brut (PIB) russe pourrait se contracter de 0,8 % en 2015.

"Si la situation connaît des développements défavorables, nous devrons modifier nos projets. Il ne fait aucun doute que nous devrons réduire [nos dépenses]. Mais un virage positif et une sortie de la situation actuelle sont inévitables", a dit Vladimir Poutine. "La croissance de l'économie mondiale va se poursuivre et notre économie sortira de la situation actuelle", a-t-il martelé, assurant que la Russie surmonterait la crise et en ressortirait "plus forte".

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"Dans le scénario économique extérieur le plus défavorable, a-t-il dit, cette situation pourrait se prolonger pendant deux ans environ. Mais [les choses] pourraient aussi commencer à s'améliorer au cours du premier trimestre de l'année prochaine, ou en milieu d'année, ou en fin d'année."

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Poutine : "Notre économie va sortir de cette situation"

Les sondages montrent que la popularité du président russe, qui a dépassé les 80 % de bonnes opinions après l'annexion de la Crimée en mars, se maintient à des sommets. "La stabilité est fondée sur le soutien du peuple russe, et il n'est de fondation plus solide", a-t-il déclaré. Mais la chute du rouble, l'augmentation des prix et la plongée de l'économie russe dans la récession pourraient altérer la confiance placée dans sa capacité à garantir la stabilité financière du pays.

- Crise en Ukraine : une "opération punitive" de Kiev

Le président russe a dénoncé "l'opération punitive" lancée selon lui par Kiev contre les rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine. "Après le coup d'État mené à Kiev par la force armée", les nouvelles autorités ukrainiennes n'ont pas souhaité entamer un dialogue avec l'est prorusse mais "ont envoyé la police, puis l'armée quand cela n'a pas suffi et maintenant ont instauré un blocus économique", a-t-il poursuivi.

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Interrogé de manière très directe par un journaliste ukrainien sur le nombre de militaires russes qui combattent aux côtés des séparatistes et sur ceux qui sont morts en Ukraine, Vladimir Poutine s’est contenté d'évoquer ceux qui "suivant l'appel de leur conscience, accomplissent leur devoir ou qui en tant que volontaires combattent dans l'est de l'Ukraine" en soulignant qu'"il ne s'agit pas de mercenaires car ils ne reçoivent pas d'argent".

Moscou a toujours démenti avoir envoyé des soldats et du matériel militaire pour soutenir les rebelles prorusses, alors que les Occidentaux ont estimé avoir de nombreuses preuves en ce sens.

- Tensions avec les États-Unis et l’UE : les Occidentaux se comportent comme un "empire"

Vladimir Poutine a accusé les Occidentaux de créer un nouveau "mur" en Europe et de se comporter en "empire" qui veut "faire marcher au pas ses vassaux".

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"Il s'agit d'un mur virtuel, mais il commence déjà à être construit", a déclaré le chef de l'État russe interrogé sur le climat de confrontation entre Russes et Occidentaux. "Le bouclier antimissile près de nos frontières, ce n'est pas un mur ? Nos partenaires ont décidé qu'ils étaient les vainqueurs, qu'ils étaient désormais un empire et que les autres étaient des vassaux qu'il faut faire marcher au pas."

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Poutine : "Les bases américaines sont partout dans le monde. Et vous dites que c'est nous qui sommes agressifs ?"


- Violences en Tchétchénie : Kadyrov "n'avait pas le droit de faire cela"

Vladimir Poutine a condamné l'appel de Ramzan Kadyrov, le leader de la Tchétchénie considéré comme un proche du Kremlin, à des représailles contre les familles de combattants islamistes après des violences à Grozny, tout en affichant une certaine compréhension face à une réaction "émotionnelle". "Il n'avait pas le droit de faire cela, a déclaré le président. Tout le monde en Russie doit respecter la loi en vigueur."

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Après des affrontements entre forces de l'ordre et combattants islamistes qui ont fait 25 morts le 4 décembre dans la capitale tchétchène, Ramzan Kadyrov avait appelé à des représailles contre les familles des rebelles, estimant qu'elles devaient être bannies et leurs maisons détruites.

Selon l'ONG Memorial, au moins huit maisons ont été brûlées dans les jours qui ont suivi en Tchétchénie, dont quatre appartenant à des proches des combattants islamistes tués.


- Vie privée : "Amoureux"

D'habitude très discret sur sa vie privée, le président russe a surpris son auditoire en avouant être "amoureux", sans dévoiler l’identité de sa compagne.

Le président russe lève rarement le voile sur les aspects de sa vie familiale et sentimentale, le sujet étant un tabou pour la presse russe, qui lui prête toutefois une relation avec l'ancienne championne olympique de gymnastique rythmique et directrice d'un important groupe médiatique pro-Kremlin Alina Kabaeva.

En avril 2013, Vladimir Poutine avait annoncé publiquement avoir divorcé de son épouse Lioudmila, après 30 ans de mariage.

Avec AFP et Reuters

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