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Les États-Unis prêts à accueillir le président cubain Raul Castro

Le président cubain Raul Castro (à gauche) le 26 juillet 2014 lors de commémorations officielles à Cuba.
Le président cubain Raul Castro (à gauche) le 26 juillet 2014 lors de commémorations officielles à Cuba. Adalberto Roque, AFP

Après l'annonce choc d'un rapprochement historique entre Washington et La Havane, les États-Unis se sont dits prêts, jeudi, à recevoir le président cubain Raul Castro pour une visite officielle afin de sceller leur réconciliation diplomatique.

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Le président cubain Raul Castro à la Maison Blanche pour une visite officielle. La scène, encore inimaginable il y a quelques jours, pourrait rapidement devenir réalité selon les propos tenus jeudi 18 décembre par un haut responsable américain.

"Je n'exclurais pas une visite du président (Raul) Castro", a déclaré Josh Earnest, porte-parole de la Maison Blanche. La veille, le président américain Barack Obama avait déclaré à la chaine de télévision ABC attendre de voir "comment les choses évoluent" avant de planifier une éventuelle visite dans l’île communiste avant la fin de son mandat.

L'annonce choc, mercredi, des deux chefs d'État sur la volonté de normaliser leurs relations diplomatiques après un demi-siècle de brouille sera suivie dès janvier de premiers entretiens officiels. Les deux gouvernements avaient mené pendant 18 mois des tractations ultra-secrètes en vue de mettre fin à l'un des derniers vestiges de la Guerre froide.

Mais cette amorce de réconciliation va buter sur un Congrès américain globalement hostile à la levée de l'embargo économique que Washington impose depuis 1962 à La Havane. Les deux présidents ont d'ailleurs reconnu que cette épineuse question n'était pas réglée.

L'embargo loin d'être levé

M. Obama a réclamé un débat, qui s'annonce houleux, avec le Congrès sur la levée du "plus vieil embargo du monde", une mesure punitive "inscrite dans la loi" américaine.

Les républicains, qui contrôleront dès janvier les deux chambres, ont déjà prévenu : "Ce Congrès ne va pas lever l'embargo", selon Marco Rubio, sénateur de Floride. L'ambitieux élu d'origine cubaine a fustigé "la légitimité diplomatique et les dollars américains accordés au régime castriste par l'annonce du président Obama".

Même du côté démocrate, le représentant Eliot Engel a prévenu que "le Congrès devait voir davantage d'ouverture politique à Cuba avant de lever l'embargo".

Mais les premières mesures de rapprochement ne nécessitent pas pour l'instant l'aval du Congrès : petits assouplissements économiques et discussions en vue du rétablissement des relations diplomatiques rompues en 1961, notamment avec l'ouverture d'ambassades remplaçant les actuelles sections d'intérêts.

Négociations à venir

La secrétaire d'État adjointe pour l'Amérique latine, Roberta Jacobson, a précisé que ces premiers entretiens officiels entre les deux gouvernements se tiendraient en janvier à Cuba. Les deux pays profiteront de leurs négociations régulières et programmées de longue date sur les flux migratoires. Mme Jacobson conduira la délégation américaine.

À La Havane, des habitants oscillent entre joie spontanée et scepticisme prudent.

"Je suis encore sous le choc, en train de digérer la nouvelle, mais je manque vraiment d'éléments pour assembler le puzzle d'une nouvelle relation", a confié Rolando Rodriguez, un laveur de voitures de 44 ans.

Des représentants de la dissidence ont regretté que Washington n'ait pas attendu "un geste de La Havane sur les droits de l'homme".

Avec AFP
 

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