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Une clinique chinoise condamnée pour son "traitement" contre l'homosexualité

Deux militantes des droits des homosexuels s'embrassent en public, le 8 mars 2011 à Wuhan.
Deux militantes des droits des homosexuels s'embrassent en public, le 8 mars 2011 à Wuhan. AFP / STR

Pour la première fois, un tribunal chinois a condamné, ce vendredi, une clinique qui disait "traiter" l'homosexualité. L'établissement va devoir dédommager un de ses patients, qui avait porté plainte.

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C'est une décision hautement symbolique pour les militants chinois qui défendent les droits des homosexuels : un tribunal a, pour la première fois dans le pays, condamné une clinique qui prétendait "soigner" l'homosexualité, et devra verser un dédommagement à l'un de ses patients.

Selon le jugement rendu vendredi 19 décembre, la clinique psychiatrique Xinyu Piaoxiang, à Chongqing (sud-ouest), devra verser 3 500 yuans (463 euros) à Yang Teng, dont elle avait tenté de "corriger" l'orientation sexuelle par une thérapie de chocs électriques répétés. Le jeune homme recevait l'ordre d'avoir des pensées sexuelles impliquant un homme et se voyait alors infliger un électrochoc.

Ces "thérapies de conversion" sont très répandues en Chine, où la communauté gay subit de fortes discriminations.

L'établissement, qui n'a pas réagi à la décision de justice, devra également publier des excuses à son égard sur son site Internet. Le moteur de recherche chinois Baidu a de son côté été contraint de retirer l'annonce que Yang Teng avait suivie pour trouver une clinique où suivre son "traitement", rapporte le "New York Times".

"L'homosexualité n'est pas une maladie mentale"

Selon Yang Teng, qui est aussi connu sous le surnom Xiao Zhen, le tribunal de Pékin a estimé qu'il n'était "pas nécessaire" d'avoir recours à des électrochocs, puisque "l'homosexualité ne nécessite aucun traitement médical". Le verdict n'a pas encore été publié, mais il a été partagé sur les réseaux sociaux.

"Je vais montrer ce verdict à mes parents pour leur montrer ce que dit la justice chinoise, que l'homosexualité n'est pas une maladie mentale", s'est réjoui le plaignant, qui veut continuer à se battre pour les droits des homosexuels en Chine.

"Cela montre que nous n'avons pas besoin d'être soignés, et quand il nous arrive ce genre de choses et que nous voulons préserver nos droits, nous pouvons obtenir un résultat juste", a également déclaré le militant au "New York Times".

Pression familiale et sociale

Pékin a officiellement retiré l'homosexualité des délits du Code pénal en 1997 et de sa liste des maladies mentales en 2001, mais les gays et lesbiennes chinois font encore l'objet d'une très forte pression familiale et sociale.

Ce sont souvent leurs proches qui les incitent à subir des traitements de "réorientation", comme dans le cas de Yang Teng, et de nombreux jeunes homosexuels se résignent au mariage pour répondre au désir de petits-enfants de leurs parents.

Dans les grandes villes et parmi les jeunes générations, les "camarades" (surnom familier des homosexuels) sont de plus en plus acceptés, mais les autorités refusent toujours d'inscrire les associations de défense des LGBT (lesbiennes, gays, bi et transsexuels) sur la liste des ONG reconnes.

Avec AFP

 

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