ESPAGNE

L'infante Cristina renvoyée devant un tribunal pour fraude fiscale

L'infante Cristina le 8 février 2014, à son arrivée au tribunal de Palma de Majorque.
L'infante Cristina le 8 février 2014, à son arrivée au tribunal de Palma de Majorque. Jaime Reina, AFP

L'infante Cristina, sœur du roi Felipe VI, sera jugée au côté de son mari et de quinze autres personnes dans une affaire de délits fiscaux. Jamais jusque-là aucun membre de la famille royale n'avait eu à comparaître devant la justice.

Publicité

C'est une première dans l'histoire de la famille royale espagnole. L'infante Cristina d'Espagne, sœur du roi Felipe VI, est renvoyée devant la justice pour des délits fiscaux, a annoncé lundi 22 septembre le tribunal de Palma de Majorque, aux îles Baléares, où l'affaire Noos a été instruite.

L'infante Cristina de Bourbon, 49 ans, est poursuivie au côté de son mari Iñaki Urdangarin, quatre ans après l'ouverture de l'enquête qui a secoué la monarchie espagnole, portant sur des malversations d'une société à but non lucratif, Noos, présidée par M. Urdangarin. Au total, 17 personnes comparaîtront devant la justice.

Le juge en charge de l'affaire, Jose Castro, considère que Cristina, qui est la deuxième enfant du couple royal Juan Carlos et Sophie d'Espagne, a notamment collaboré avec son mari pour deux délits d'ordre fiscal.

Jamais jusque-là aucun membre de la famille royale n'avait eu à comparaître devant la justice.

Cristina, mère de quatre enfants, est sixième dans l'ordre de succession de la monarchie, un droit auquel elle n'a pas voulu renoncer. Le parquet a fait appel à plusieurs reprises des décisions du juge Castro, estimant qu'elle ne pouvait être poursuivie, sans succès.

Privée d'intronisation

Le dossier Noos était ouvert depuis le 22 juillet 2010. C'est en enquêtant sur le financement du vélodrome de Palma de Majorque que le juge est tombé sur des contrats suspects passés par Noos avec les régions des Baléares et Valence, pour l'organisation de congrès liés au sport. Ces congrès auraient donné lieu à l'émission de fausses factures via des sociétés écran, dont Aizoon, détenue pour moitié par Cristina et son époux.

L'affaire a ensuite pesé comme une épée de Damoclès sur la famille royale, avec la mise en examen en décembre 2011 d'Iñaki Urdangarin, écarté de toute activité officielle, puis le 3 avril 2013 de Cristina, soupçonnée d'avoir coopéré avec son mari.

Entretemps étaient publiés des clichés du roi chassant les éléphants au Bostwana, en 2012, ou encore des mails entre Juan Carlos et son gendre, montrant qu'il soutenait ses activités d'homme d'affaires.

Des scandales qui ont porté un coup sans précédent à la monarchie, alors que les Espagnols s'enfonçaient dans la crise.

Felipe VI, intronisé le 19 juin, s'est engagé à promouvoir une monarchie "honnête et "transparente". Depuis cette intronisation, à laquelle elle n'était pas invitée, Cristina n'est plus officiellement membre de la famille royale.

>> À voir sur France 24 : "Juan Carlos, 39 années de règne"
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine