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François fustige le haut clergé du Vatican, victime d'"Alzheimer spirituel"

Le pape François a fustigé l'attitude de la Curie romaine lors de son discours du 22 décembre.
Le pape François a fustigé l'attitude de la Curie romaine lors de son discours du 22 décembre. Andreas Solaro, AFP

Dans son discours devant la curie romaine lundi, le pape François a sévèrement invité ses plus proches collaborateurs à un examen de conscience et fustigé les dérives au sein de l’Église.

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Le pape François a dressé, devant la curie, lundi 22 décembre, une liste des maux qui la menacent, invitant les cardinaux du haut clergé du Vatican à une remise en question.

Dans ses vœux au gouvernement de l'Église, le pape argentin a énuméré quinze "maladies" dans un réquisitoire qui a condamné, sans désigner personne nommément, la mondanité, l'hyperactivité ou encore la corruption des mœurs

Les formules du pape François sont cinglantes : "L'Alzheimer spirituel", "la fossilisation mentale et spirituelle", "le cœur de pierre", "le terrorisme des bavardages", "la schizophrénie existentielle" menacent les cardinaux. Mais aussi "l'exhibitionnisme mondain", "la planification d'expert-comptable", "les cercles fermés", "les têtes d'enterrement"...a-t-il énuméré dans un silence de plomb.

"La guérison est le fruit de la prise de conscience de la maladie", a plaidé le pape en appelant les cardinaux à laisser "l'Esprit saint" inspirer leurs actions, sans se reposer sur leurs dons intellectuels ou d'organisation.

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"Certains prêtres appellent même les journalistes pour faire la une…"

Le pape a profité du discours pour dénoncer la lutte de pouvoirs qui se poursuit aujourd'hui dans le petit État, parfois entre pro et anti-Bergoglio.

Le souverain pontife a fait état du cas d'un prêtre du Vatican "qui appelait les journalistes pour raconter et inventer des choses sur la vie privée de ses confrères" afin d'être "à la une des journaux".

Des cardinaux se sont ainsi querellés par médias interposés autour du synode d'octobre sur la famille, en particulier sur la question des divorcés remariés et des homosexuels. D'autres sont même ouvertement hostiles au pape en lui reprochant son style jugé brusque, autoritaire et non conventionnel.

Le "pape de l'autre bout du monde", qui a expliqué qu'il se sentait parfois "anticlérical", a engagé une profonde réforme de la curie, qui devrait se traduire par des fusions de "ministères" et une ouverture aux laïcs, mais pas avant 2016.

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"Les prêtres sont comme des avions…"

Depuis son élection en mars 2013, François avait déjà souvent tempêté contre des attitudes mondaines, carriéristes voire dissolues, mais jamais en des termes aussi virulents. Il a appelé chacun à ne pas tomber dans les différents pièges que tend le pouvoir clérical.

"Ce n'est pas le discours d'un grand patron qui annoncerait la restructuration de son entreprise, ou de celui qui chercherait à déclencher une chasse aux sorcières", analyse le vaticaniste Andrea Tornielli. "Le pape parle dans une perspective totalement évangélique, invitant tout le monde, y compris lui-même, à se convertir", estime-t-il.

Et preuve du changement de ton : pour tenter de détendre l'atmosphère à la fin de son discours, François a conclu sur une boutade montrant qu'il tenait tous les membres de la curie en piètre estime : "Les prêtres sont comme des avions. Ils font la une quand ils tombent, alors qu'il y en a tant qui volent".

Avec AFP

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