CÔTE D'IVOIRE

L'ex-première dame Simone Gbagbo face aux juges ivoiriens

Simone Gbagbo, surnommée "la dame de fer", dans le box des accusé à la Cour d'Assises d'Abidjan, le 26 décembre 2014.
Simone Gbagbo, surnommée "la dame de fer", dans le box des accusé à la Cour d'Assises d'Abidjan, le 26 décembre 2014. Twitter @MaureenAbidjan

Malgré un mandat d'arrêt émis en 2012 par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité, c'est bien en Côte d'Ivoire que l'ex-première dame Simone Gbagbo a comparu vendredi, aux côtés de 82 autres dignitaires ivoiriens.

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La Côte d’Ivoire a estimé pouvoir juger elle-même son ancienne Première dame. C’est donc à Abidjan qu'est traduite Simone Gbagbo, aux côtés de 82 autres dignitaires ivoiriens, vendredi 26 décembre. Ils font face à des accusations liées à la crise post-électorale de 2010 à 2011, ayant causé la mort de plus de 3 000 personnes.

Par téléphone, le ministre ivoirien de la Justice, Mamadou Gnénéma Coyulibaly, confie à France 24 qu'"il s'agit aujourd'hui d’établir la vérité historique et judiciaire déterminant les responsabilités de tous ceux qui étaient à l’origine de [la] coalition [qui a mis] à mal la sûreté de l’État" à la suite de l'élection présidentielle de 2010.

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Plus tôt dans la journée, Michel Gbagbo, le fils de l'ancien président ivoirien demandait sur France 24 "une justice impartiale, pour favoriser la réconciliation nationale". Il se disait "très heureux" que le procès commence enfin.

Alors que la justice internationale réclame depuis 2012 son transfèrement à La Haye pour crimes contre l’humanité, c’est à Abidjan que la Cour d’Assises juge l’ancienne Première dame pour "atteinte à la sûreté de l’État". La Côte d’Ivoire a en effet estimé être en mesure d’organiser, à celle surnommée "la dame de fer", un procès équitable dans son propre pays.

Il aura pourtant fallu plus d’un an de préparation aux personnels judiciaires pour organiser ce procès, les charges ayant été confirmées en juillet 2013. Au palais de justice d'Abidjan, l’organisation d’assises se fait rare. Et la tenue de tels procès demandent des moyens importants.

Initialement prévu en octobre, le procès de Simone Gbagbo, 65 ans, avait été reporté sine die pour une recomposition nécessaire du jury. L'origine ethnique de ses membres, proche de celle de l'actuel président, Alassane Ouattara, avait été considérée comme pouvant causer des suspicions à l'heure du verdict.

Premières auditions le 5 janvier

Vendredi, "il y aura certainement une désignation de nouveaux jurés", a déclaré vendredi à l'AFP l'avocat de la défense qui représente deux des co-accusés de Simone Gbagbo. Mais les audiences "commenceront effectivement le 5 janvier avec les auditions", a-t-il précisé, ajoutant que tous les avocats ont déjà eu "une séance de travail avec l'avocat général".

L'avocat de Simone Gbagbo, Me Hervé Gouamene, joint par téléphone par France 24,  a, quant à lui, indiqué que, selon lui, "toute l’accusation repose sur le fait que le gouvernement Gbagbo est illégitime mais maintenant il s’agit de savoir ce qu’est un gouvernement légitime et un gouvernement illégitime."

"Il y a eu un rapport fait par une Commission d’enquête qui a révélé qu’il y a avait des responsables aussi bien dans le camp d’Alassane que dans le camp de Laurent Gbagbo", a-t-il ajouté. Il y a bien des responsables dans le camp Gbagbo mais, pour Me Gouamene, il ne s'agit pas des personnes actuellement jugées à Abidjan : "La plupart sont des ministres que l’on accuse d’avoir [exercer leur fonction] dans un gouvernement illégitime", estime l'avocat.

L'ex-première dame a quitté le 1er décembre Odienné (nord-ouest de la Côte d'Ivoire), où elle était en résidence surveillée depuis fin avril 2011, pour Abidjan en vue de son procès. Elle est actuellement détenue dans une école militaire de la capitale économique ivoirienne, ont indiqué plusieurs sources proches du dossier.

Son époux, l’ex-chef d’État Laurent Gbagbo, est en détention à La Haye et doit être jugé par la Cour pénale internationale en 2015. Le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite au scrutin présidentiel de décembre 2010 face à Alassane Ouattara avait embrasé le pays.

Jusqu’à présent, seules deux personnes parmi les inculpés sont considérées comme favorables à Alassane Ouattara, contre environ 150 proches de Laurent Gbagbo, selon RFI.

 

 

La justice rendra lundi sa décision sur la candidature de Laurent Gbagbo à la tête de son parti

La justice ivoirienne a reporté au 29 décembre son verdict sur la validité de la candidature de l'ex-président Laurent Gbagbo à la tête de son parti en crise.

L'actuel patron du Front populaire ivoirien (FPI) Pascal Affi N'Guessan, candidat à sa réélection face à l'ex-président, a assigné début décembre des cadres de son parti en justice pour annuler la candidature de Laurent Gbagbo.

Deux camps s'affrontent au sein du parti : le premier fait de la libération de l'ancien président ivoirien "le coeur de la stratégie de lutte du parti". Le second aspire à s'investir dans le jeu politique et à participer à la présidentielle de 2015 derrière Pascal Affi N'Guessan, qui dirige le FPI depuis 2011.

La candidature de Laurent Gbagbo ne signifie pas pour l’heure qu’il sera candidat à l’élection présidentielle de 2015.

Avec AFP

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