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Un TGV pour rapprocher Pékin du Xinjiang rebelle

La ligne à grande vitesse, longue, de 1 800 kilomètres relie Lanzhou à Urumqi, capitale du Xinjiang.
La ligne à grande vitesse, longue, de 1 800 kilomètres relie Lanzhou à Urumqi, capitale du Xinjiang. Peter Park, AFP

Baptisée "Lanxin", la nouvelle ligne de TGV, qui relie Urumqi, la capitale du Xinjiang, au reste du pays, a été inaugurée, vendredi. Cette région, aux confins de la Chine occidentale, est en proie à des tensions récurrentes.

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Pékin investit dans le Xinjiang. Après avoir mené une féroce campagne de répression dans la "région autonome" ouïgoure, dans l’est du pays, le géant communiste joue la carte du rapprochement et inaugure sa première ligne de chemin de fer à grande vitesse pour relier son "Far West" au reste du pays. Pas moins de 1 800 kilomètres de ligne relient en moins de 12 heures Lanzhou, la capitale provinciale du Gansu voisin, à Urumqi, la capitale du Xinjiang.

Construite elle-même à grande vitesse - en seulement cinq ans - cette première ligne de TGV dans la région s'étire à travers les monts Qilian, qui culminent à plus de 5 500 mètres, longe une ancienne portion de la Grande muraille, avant de traverser cinq zones battues par des vents violents.

L'État chinois mise sur l'intégration et le développement économique du Xinjiang, immense région semi-désertique, grande comme trois fois la France, et frontalière de huit pays d'Asie centrale. Il souhaite y bâtir une nouvelle "route de la soie" : en 2017, une autre ligne de TGV reliera Pékin à Lanzhou, réduisant à 16 heures le temps de parcours entre la capitale chinoise et Urumqi, contre 41 heures actuellement.

Tensions récurrentes entre Pékin et Urumqi

Une accessibilité géographique qui pourrait empirer les relations déjà extrêmement tendues entre Pékin et la "région autonome". Terre d'origine des Ouïghours turcophones, musulmans pour la plupart, et terre d’adoption de minorités kazakhes et tadjikes, le Xinjiang a vu arriver en masse, ces dernières décennies, des millions de Hans, l’ethnie majoritaire en Chine. La position dominante de ces derniers, économiquement et politiquement, a suscité un vif ressentiment parmi les Ouïghours, dont une frange s'est radicalisée, sous l'influence notamment de la propagande jihadiste.

Les vives tensions ethniques et religieuses ont fait plusieurs centaines de morts depuis l'an dernier. Les autorités communistes ont ensuite lancé une féroce campagne de répression, marquée par des dizaines de condamnations à mort et d'exécutions, au nom de la lutte contre le "séparatisme" et le "terrorisme".

Le plus long réseau du monde

D'autres lignes de TGV ont été inaugurées en décembre en Chine, dont une reliant Shanghai à Canton, réduisant de 16 à sept heures le trajet entre les deux métropoles. Engagée en 1999, la construction du réseau TGV chinois a permis au pays de disposer de 11 000 kilomètres de voies en service en 2013 - le plus long réseau du monde -  et il doit atteindre les 16 000 kilomètres en 2020.

Sa réalisation a toutefois été entachée de nombreux scandales de corruption, révélés à la suite d'un grave accident survenu en juillet 2011, qui avait fait une quarantaine de morts.

Avec AFP

 

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