FOOTBALL

Le FC Barcelone interdit de transfert jusqu'en 2016

Lionel Messi fait partie des joueurs issus de la "Masia", le centre de formation du club.
Lionel Messi fait partie des joueurs issus de la "Masia", le centre de formation du club. Josep Lago, AFP

Le Tribunal arbitral du sport a confirmé mardi l'interdiction infligée par la Fifa au FC Barcelone de recruter jusqu'en 2016. Le club catalan avait commis des infractions dans le recrutement de joueurs mineurs.

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Coup de tonnerre sur le FC Barcelone. Coupable d'infractions dans le recrutement de joueurs mineurs, le club catalan ne pourra pas enrôler de joueurs avant janvier 2016, une sanction confirmée, mardi 30 décembre, par le Tribunal arbitral du sport (TAS).

"Le groupe spécial a constaté que le FC Barcelone avait enfreint les règles concernant la protection des mineurs et l'enregistrement des mineurs qui fréquentent des académies de football", a indiqué dans un communiqué le TAS, ajoutant qu'"en conséquence, la décision de la Fifa (prise en avril) est confirmée dans son intégralité et la sanction demeure en vigueur".

Le club espagnol devra en outre s'acquitter d'une amende de 450 000 francs suisses (374 142 euros).

La Fifa a salué cette annonce dans un communiqué publié mardi : "Avec cette décision, la Fifa considère que le TAS a montré un soutien clair et sans faille aux efforts de la Fifa pour protéger les joueurs mineurs."

Le Barça avait saisi le TAS après que la Fifa lui a infligé au printemps une interdiction de recrutement pour deux mercatos successifs, décision confirmée durant l'été par la Commission d'appel de la Fédération internationale. La Fifa reprochait au Barça le recrutement de plusieurs mineurs, dont les transferts sont en principe interdits sauf trois cas de figure spécifiques.

Cette sanction très lourde avait fait l'effet d'une bombe à Barcelone : la "Masia", centre de formation du club, est au cœur du projet Blaugrana et plusieurs vedettes de l'équipe première qui en sont issues, comme Lionel Messi, Xavi ou Andrés Iniesta, lui ont offert une renommée mondiale.

Les dirigeants ont reconnu des "erreurs administratives"

Initialement, le Barça s'est montré très remonté contre la décision de la Fifa, se disant victime d'une "grave injustice" et lançant une campagne de communication avec pour slogan : "On ne touche pas à la ‘Masia’."

Mais les dirigeants barcelonais, auditionnés début décembre par le TAS, ont un peu infléchi leur discours ces dernières semaines : ils avaient reconnu des "erreurs administratives" dans les cas incriminés et ont mis en avant la qualité de leurs programmes éducatifs.

Ils ont aussi profité d'une mesure suspensive accordée par la Fifa pour se renforcer de manière préventive sur le marché des transferts durant l'été 2014, avec plus de 150 millions d'euros dépensés pour attirer, entre autres, l'Uruguayen Luis Suárez (81 millions d'euros), le Croate Ivan Rakitić (20 millions d'euros) ou le Français Jérémy Mathieu (20 millions d'euros).

Malgré toutes ces nouvelles têtes, l'interdiction de transferts confirmée mardi devrait compliquer la politique sportive du club, car certaines de ses recrues n'ont pas donné satisfaction, comme le latéral brésilien Douglas, très fébrile, ou le défenseur belge Thomas Vermaelen, arrivé blessé et indisponible au moins jusqu'au printemps.

Désormais contraint de composer avec son effectif actuel, le Barça court le risque de plafonner en Championnat d'Espagne comme en Ligue des Champions si certains de ses cadres se blessent dans les mois à venir. De plus, certaines opportunités de recrutement en Europe, comme l'attaquant allemand de Dortmund Marco Reus ou le milieu de l'Atletico Koke, pourraient lui passer sous le nez.

Nouveau coup dur pour le président Bartomeu

Malgré tout, l'entraîneur Luis Enrique a assuré que le FC Barcelone tiendrait son rang même sans recours au mercato. "Bien sûr que le club pourra le supporter, pourquoi pas ?", a-t-il lancé mi-décembre, jugeant que le niveau actuel de l'effectif lui permettrait de faire le gros dos.

Il est vrai que la qualité de l'équipe réserve catalane offre à Luis Enrique un vivier où puiser pour renforcer sa formation. Et les éventuels retours de joueurs prêtés, comme Denis Suárez ou Gerard Deulofeu (Séville), pourront toujours offrir du sang neuf au Barça malgré les turbulences qu'il traverse.

La sanction semble surtout dommageable pour l'image du club catalan, patiemment bâtie autour de la "Masia" et d'un jeu de passes léché pratiqué par toutes les catégories d'âges.

C'est également une épreuve pour le président Josep Maria Bartomeu, dont l'équipe dirigeante a été ébranlée par une série de scandales ces derniers mois, notamment une mise en examen du club pour "délit fiscal" présumé dans l'enquête sur le transfert du Brésilien Neymar.

Sans transfert ronflant à faire miroiter aux "socios" (supporteurs-membres) avant janvier 2016, reste à savoir si Bartomeu pourra se maintenir en poste jusqu'au bout de son mandat en 2016 sans convoquer des élections anticipées.

Considérant "la sanction complètement disproportionnée", le club attend la publication des attendus de la décision pour évaluer "la possibilité de déposer un recours contre cette décision arbitrale du TAS devant le Tribunal fédéral suisse" écrit-il dans un communiqué.

Avec AFP

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