ALLEMAGNE

Près de quatre millions d'Allemands bénéficient désormais d'un salaire minimum

Un salaire minimum national horaire de 8,50 euros bruts entre en vigueur à partir du 1er janvier en Allemagne.
Un salaire minimum national horaire de 8,50 euros bruts entre en vigueur à partir du 1er janvier en Allemagne. John MacDougal, AFP

L'Allemagne s'est dotée, depuis le 1er janvier, d'un salaire minimum horaire de 8,50 euros bruts. Ce résultat d'âpres négociations entre les deux partis de la coalition gouvernementale devrait bénéficier à 3,7 millions de salariés.

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Un salaire minimum pour tous... ou presque. C'est la toute nouvelle situation à laquelle fait face l'Allemagne depuis le jeudi 1er janvier 2015. Il devrait bénéficier à 3,7 millions de salariés qui verront leur feuille de salaire augmenter avec la nouvelle année, estime le ministère allemand du Travail.

Après d'âpres négociations entre les deux partis de la coalition gouvernementale, ce salaire minimum a été fixé à 8,50 euros bruts par heure. Ce sont les sociaux démocrates du SPD, qui en ont imposé le principe aux conservateurs de la CDU, le parti d'Angela Merkel, opposée à cette idée.

Cette révolution économique pour l'Allemagne ne s'appliquera à tous les secteurs qu'à partir de 2017. Ainsi, un million de travailleurs devront attendre encore deux ans avant de pouvoir bénéficier de cette hausse de salaire.

Critiques des patrons

Les conservateurs ont, en outre, obtenu que plusieurs catégories de population - les travailleurs saisonniers, les chômeurs de longue durée ou encore les jeunes de moins de 18 ans - ne soient pas concernées par cette mesure.

Ces exemptions n'empêchent pas les milieux économiques de critiquer l'arrivée en allemagne d'un salaire minimum. Les uns estiment qu'il pénalisera les autres travailleurs ou les consommateurs. Certaines entreprises entendent d'ailleurs augmenter leurs prix, afin de compenser la hausse du coût du travail, tandis que d'autres employeurs pensent rogner sur les primes aux salariés, d'après l'Ifo, l'institut allemand des statistiques, qui a mené une enquête auprès de milliers d'entreprises allemandes en novembre 2014.

Mais les patrons agitent surtout le drapeau rouge des suppressions d'emplois. Ainsi, la fédération de l'industrie de Bavière, fief du parti ultra-conservateur de la CSU, estime que 200 000 emplois dans tout le pays sont menacés par l'arrivée de cette mesure.

Le débat fait d'ailleurs rage autour de l'impact que pourrait avoir cette mesure sur le marché du travail. Le président de l'Agence allemande pour l'emploi, Frank-Jürgen Weise ne "croit pas qu'il y aura des suppressions massives d'emplois" contrairement à ce qu'avancent les patrons bavarois.

Avec AFP

 

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