FRANCE

L’économiste Thomas Piketty refuse la Légion d’honneur

Thomas Piketty a déjà vendu 1,5 million d'exemplaires de son ouvrage "Le Capital au XXIe siècle".
Thomas Piketty a déjà vendu 1,5 million d'exemplaires de son ouvrage "Le Capital au XXIe siècle". John McDougall, AFP

L’auteur du best-seller "Le Capital au XXIe siècle" a décliné sa nomination pour la Légion d’honneur. L’économiste Thomas Piketty estime que Paris devrait plutôt se consacrer à "la relance de la croissance en France et en Europe".

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L'économiste français Thomas Piketty, dont l'ouvrage "Le Capital au XXIe siècle" connaît un immense retentissement international, a indiqué "refuser [sa] nomination" pour la Légion d'honneur. Il figure dans la "promotion du 1er janvier", publiée au "Journal Officiel", nommé au rang de chevalier, aux côtés d'un autre économiste, le prix Nobel Jean Tirole, qui est, lui, fait officier.

"Je viens d'apprendre que j'étais proposé pour la Légion d'honneur. Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d'un gouvernement de décider qui est honorable", a-t-il déclaré. Ils feraient bien de se consacrer à la relance de la croissance en France et en Europe."

>> À lire sur France 24 : "Thomas Piketty, l’économiste français superstar outre-Atlantique"

Critique envers le gouvernement Hollande

Le refus de Thomas Piketty intervient alors que son ouvrage, qui entend démontrer la tendance spontanée à une toujours plus grande concentration de la richesse entre quelques mains, s'est vendu à 1,5 million d'exemplaires. Traduit en plusieurs langues, "Le Capital au XXIe siècle" est un phénomène d'édition aux États-Unis. L’économiste a même été reçu par des conseillers du président américain, Barack Obama.

L'accueil réservé au livre a été plus tiède en France, notamment de la part du gouvernement, malgré de très fortes ventes. Thomas Piketty, un temps proche du parti socialiste, critique régulièrement la politique menée par le président François Hollande. Il regrette, entre autres, que ce dernier ait enterré sa promesse de campagne d'une profonde réforme fiscale, dans le sens d'une plus grande progressivité de l'impôt, un projet ardemment défendu par l'économiste.

Thomas Piketty rejoint ainsi la longue liste des personnalités ayant refusé la célèbre distinction. En 2013, le dessinateur Jacques Tardi avait lui aussi sciemment renoncé à l’insigne, arguant qu’il souhaitait rester un "homme libre". Bien avant eux, le compositeur Hector Berlioz, le couple de chercheurs Pierre et Marie Curie, les écrivains George Sand, Jean-Paul Sartre et Marcel Aymé ainsi que le chanteur Georges Brassens avaient eux aussi rejeté ses honneurs.

Avec AFP

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