MEDECINE

Santé : le cancer serait souvent dû à un "manque de chance"

François Guillot, AFP
François Guillot, AFP Le cyclotron, un appareil qui permet de localiser les cellules cancéreuses, en novembre 2009 à l'hôpital Saint-Louis, à Paris.

Une étude américaine montre que l'apparition d'un cancer est souvent dû à un simple "manque de chance" entraînant des mutations aléatoires dans la division des cellules, et non à des "causes génétiques ou des mauvaises habitudes".

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Les causes génétiques ou les mauvaises habitudes ne sont pas les seules responsables de l’apparition d’un cancer. D'après une étude parue dans le magazine "Science" daté du 2 janvier, le cancer est souvent dû à un "manque de chance" qui voit des mutations aléatoires se produire dans le processus de division des cellules.

Cette recherche menée par des scientifiques de l'Université américaine Johns Hopkins montre que environ deux tiers des cancers chez l'adulte pris en compte par l'étude peuvent être expliqués par des mutations génétiques aléatoires. Seul un tiers de ces cancers seraient la conséquence de facteurs génétiques ou d'un environnement défavorable.

"Cette étude montre que vous pouvez accroître vos risques d'avoir un cancer en fumant ou avec d'autres mauvaises habitudes de vie", explique l'un des auteurs de cette recherche, Bert Vogelstein, professeur d'oncologie à l'Université de médecine Johns Hopkins.

"Malgré tout, de nombreuses formes de cancer sont largement dues à un manque de chance et à une mutation d'un gène qui provoquera un cancer, sans aucune relation avec le mode de vie ou des facteurs héréditaires", précise-t-il.

Selon ce chercheur, les personnes qui vivent longtemps tout en fumant ou en s'exposant au soleil sans protections particulières, sans avoir de cancer, n'ont pas forcément de "bons gènes". "La vérité est que la plupart d'entre eux ont simplement beaucoup de chance", résume M. Vogelstein.

"Changer nos habitudes de vie sera très utile pour éviter certaines formes de cancer, mais ne sera guère efficace pour d'autres", note pour sa part Cristian Tomasetti, biomathématicien et professeur assistant d'oncologie à Johns Hopkins.

Cette étude ne porte toutefois pas sur le cancer du sein, le plus fréquent chez la femme, ni sur celui de la prostate, le deuxième le plus courant pour les hommes après le cancer de la peau.

Avec AFP et Reuters

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