PROCHE-ORIENT

CPI : Israël frappe les Palestiniens au portefeuille après leur demande d'adhésion

Des drapeaux palestiniens dans la ville de Rawabi, en Cisjordanie.
Des drapeaux palestiniens dans la ville de Rawabi, en Cisjordanie. Thomas Hoex, AFP

Israël a gelé samedi un transfert d'environ 100 millions d'euros destinés à l'Autorité palestinienne, en riposte à sa demande d'adhésion à la Cour pénale internationale, et envisage également de poursuivre des Palestiniens pour "crimes de guerre".

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Israël a répliqué, samedi 3 janvier, à la demande palestinienne d'adhésion à la Cour pénale internationale (CPI), en gelant le transfert d'environ 100 millions d'euros de taxes collectées pour le compte de l'Autorité palestinienne. Il s'agit de la première mesure de rétorsion israélienne au lendemain du dépôt officiel à l'ONU de la demande des Palestiniens de rejoindre le tribunal de La Haye, dans le but avoué d'y citer à comparaître des responsables israéliens.

"C'est un nouveau crime de guerre israélien et nous ne reculerons pas face aux pressions", a aussitôt réagi le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat.

Depuis les Accords d'Oslo sur l'autonomie conclus en 1993, l'État hébreu collecte pour le compte de l'Autorité palestinienne des taxes qu'il lui reverse chaque mois. Ces fonds représentent près de la moitié du budget palestinien. Le ministère des Finances palestinien a indiqué que l'Autorité rencontrait des difficultés à payer ses fonctionnaires en raison de ce gel.

Menace de poursuites contre des dirigeants palestiniens

Israël pourrait en outre entamer des poursuites judiciaires contre des dirigeants palestiniens "pour crimes de guerre". Selon un communiqué transmis samedi à l'AFP, et attribué à "des sources proches d'un responsable gouvernemental israélien", ces poursuites devant des tribunaux aux États-Unis et ailleurs pourraient viser le président palestinien Mahmoud Abbas, l'Autorité palestinienne et "de hauts responsables palestiniens". Le texte ne donne toutefois aucun détail sur où et quand ces poursuites pourraient être lancées.

"Ces derniers jours, les responsables israéliens ont souligné que ceux qui devaient craindre des poursuites étaient les responsables de l'Autorité palestinienne qui opèrent au sein d'un gouvernement d'union avec le Hamas", affirme le communiqué israélien, évoquant une "organisation terroriste, qui comme (l'organisation jihadiste) État islamique, perpètre des crimes de guerre en tirant sur des civils depuis des zones densément peuplées".

Depuis plusieurs mois, les responsables israéliens, le Premier ministre Benjamin Netanyahou en tête, multiplient en effet les déclarations visant à assimiler les exactions de l'EI en Irak et en Syrie aux "crimes de guerre" dont il accuse le Hamas.

Le mouvement islamiste est notamment accusé d'avoir utilisé les Gazaouis comme "bouclier humain" lors de la dernière offensive israélienne sur Gaza l'été dernier. En 50 jours, cette guerre, la troisième en six ans, a tué près de 2 200 Palestiniens, en grande majorité des civils, et fait plus de 70 morts côté israélien, quasiment tous des soldats.

Vendredi 2 janvier, trois jours après le rejet de leur résolution sur la fin, sous trois ans, de l'occupation israélienne, les Palestiniens ont demandé officiellement d'adhérer à la CPI. Outre la colère d'Israël, cette décision a provoqué le courroux des États-Unis qui jugent qu'elle ne fera qu'envenimer le conflit au Proche-Orient.

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Netanyahou défend l'armée israélienne

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a prévenu, dimanche 4 janvier, qu'Israël s'opposerait à toute poursuite de ses soldats par la CPI. "Nous ne permettrons pas que les soldats et les officiers de Tsahal soient traînés devant le tribunal de La Haye", a déclaré M. Netanyahou à l'ouverture du conseil des ministres hebdomadaire. "Les soldats de Tsahal continueront de défendre l'État d'Israël avec courage et détermination, et de la même façon qu'ils nous protègent, nous les protègerons avec courage et détermination", a-t-il ajouté.

Avec AFP

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