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Refus d'inhumer un bébé rom : le maire francilien dément

Cimetière de Champlan.
Cimetière de Champlan. KenzoTribouillard, AFP

Le maire de Champlan, accusé par des élus et des associations d'avoir refusé l'inhumation d'un bébé rom dans sa commune, en banlieue parisienne, a nié, dimanche, cette version des faits. L'édile affirme qu'il s'agit d'une "mauvaise interprétation".

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Une simple "erreur de compréhension" serait donc à l’origine du refus d’inhumer un bébé rom. Ainsi qu’un problème de ligne téléphonique, de collaboratrice pas très futée, et de journaliste retors.

C’est en tout cas ce qu’a affirmé à l’AFP, dimanche 4 janvier, le maire de Champlan, Christian Leclerc. Le maire de l'Essonne, au sud de Paris, est dans l’œil du cyclone depuis la veille pour avoir refusé d’inhumer un bébé rom décédé dans la nuit du 25 au 26 décembre.

"À aucun moment je ne me suis opposé à cette inhumation. La mayonnaise a été montée", a ainsi déclaré Christian Leclerc. "On avait le choix (pour l'enterrement) entre Corbeil et Champlan. J'ai dit OK mercredi matin pour l'un ou l'autre des scénarios. J'ai un SMS qui en atteste".

"Priorité à ceux qui paient des impôts"

Une version qui contredit celle de l'association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms (ASEFRR), et d’une entreprise de pompes funèbres qui affirment que c’est le maire en personne qui a refusé l’inhumation.

Selon le quotidien "Le Parisien", qui a révélé l’affaire, l’élu avait alors justifié son refus par le "peu de places disponibles". "Priorité est donnée à ceux qui paient leurs impôts locaux", aurait affirmé mercredi l'élu divers droite, selon des propos rapportés par le journal.

Des propos "sortis du contexte" par la journaliste, rétorque aujourd'hui l’élu. "En plus, la liaison était mauvaise", ajoute-t-il.

Une collaboratrice "pas habituée" à traiter ces thématiques

Dans sa déclaration de dimanche à l’AFP, le maire affirme désormais que sa décision aurait été mal interprétée. "Il y a eu une erreur de compréhension dans la chaîne de décision entre ce qu'ils pouvaient faire et ne pas faire", insiste le maire, qui blâme une de ses collaboratrices.

"La personne" en charge du dossier mercredi matin, qui a contacté Christian Leclerc, alors en congés, n'était selon lui "pas habituée" à traiter ce genre de thématiques. "Elle s'est un peu pris les pieds dans les différents documents", affirme l’élu.

"Je suis vraiment désolé que ça puisse avoir une telle ampleur", conclut Christian Leclerc.

Plusieurs responsables politiques ont exprimé leur  "indignation" ou qualifié le refus d'inhumation de décision "honteuse". Le Premier ministre Manuel Valls a également réagi sur son compte twitter, en dénonçant une "injure à la France" : "refuser la sépulture à un enfant en raison de son origine: une injure à sa mémoire, une injure à ce qu'est la France. #Champlan #Essonne", a écrit le Premier ministre.

"Racisme, xénophobie, et stigmatisation"

Prénommé Maria Francesca, le bébé, une petite fille de deux mois et demi, est décédé dans la nuit du 25 au 26 décembre d'une mort subite du nourrisson. Selon Loïc Gandais, président de l'ASEFRR, l'édile a aussi "prétexté que la mort" du bébé "avait été déclarée à Corbeil-Essonnes". Pour lui, "c'est du racisme, de la xénophobie et de la stigmatisation".

La petite fille sera finalement inhumée lundi à Wissous, près de Champlan.

Selon la loi, les proches d'un défunt doivent demander l'autorisation d'inhumation au maire de la commune du cimetière choisi. Il peut être inhumé dans la commune où il habitait, dans celle où il est mort, ou là où se trouve un caveau familial. Dans les autres cas, les maires peuvent s'opposer à l'inhumation.

Avec AFP

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