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Les cargos fantômes, la nouvelle poule aux œufs d'or des passeurs

Le Ezadeen, navire marchand avec des migrants clandestins à bord, entre au port de Corigliano Calabro, le 2 janvier 2015.
Le Ezadeen, navire marchand avec des migrants clandestins à bord, entre au port de Corigliano Calabro, le 2 janvier 2015. Alfonso Di Vincenzo, AFP

L’arrivée en Italie de trois cargos bondés de migrants en 15 jours illustre la nouvelle stratégie des passeurs : embarquer un maximum de clandestins sur de gros navires marchands en pilotage automatique avant de les abandonner en mer.

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La nouvelle tendance lucrative des passeurs : affréter un vieux cargo, y entasser des centaines de migrants clandestins, qui ont payé leur traversée jusqu’à 8 000 dollars, et s’éclipser après avoir lancé les moteurs en direction de la péninsule italienne.

En moins de quinze jours, pas moins de 2 000 migrants ont atteint les côtes italiennes à bord de trois cargos fantômes pris en charge par la marine.

Pour les quelque 360 migrants débarqués samedi en Calabre (sud) d'un cargo abandonné par son équipage, la somme s'élevait entre 4 000 et 8 000 dollars, a déclaré à la presse le préfet de Cosenza (Calabre, sud de l'Italie), Gianfranco Tomao.

Ils ont embarqué le 31 décembre à bord de l'Ezadeen, un cargo destiné au transport d'animaux, après avoir rejoint la Turquie en avion, via le Liban, a-t-il précisé.

Des membres d'équipage masqués

Les migrants ont expliqué que les membres de l'équipage du cargo, qui ont abandonné les commandes laissant le navire à la dérive, étaient toujours apparus le visage masqué, ce qui pourrait accréditer la thèse qu'ils n'ont jamais quitté l'embarcation et qu'ils se sont ensuite mêlés à la foule.

Le navire avait été repéré jeudi soir, apparemment en difficulté, à environ 80 milles (environ 150 km) au large de Crotone (Calabre).

Les passagers de ce nouveau cargo fantôme ont été répartis dans différents centres d'accueil en dehors de la Calabre, selon la préfecture de Cosenza.

Près de 800 migrants avaient débarqué la nuit du Nouvel An à Gallipoli, dans les Pouilles, non loin de la Calabre, après un autre voyage à bord d'un cargo, le Blue Sky M, parti de Turquie. Le 20 décembre, ils étaient également 800 à bord d'un autre cargo parti lui aussi de Turquie.

"Nouvelle tendance"

"L'utilisation de navires marchands est une nouvelle tendance, mais rentre dans le cadre d'une situation qui n'a jamais cessé et qui ne peut plus être ignoré par les gouvernements européens", a déclaré à ce propos Vincent Cochetel, directeur du bureau européen de l'UNHCR, l'agence des Nations unies pour les réfugiés.

La lutte contre les trafiquants utilisant de "nouveaux moyens" pour entrer dans l'UE sera l'une des "priorités" de l'Union européenne en 2015, a assuré vendredi un porte-parole.

Le mode opératoire semble à chaque fois identique. Un cargo est affrété par les trafiquants, chargé de centaines d'immigrants, essentiellement des Syriens fuyant la guerre. Le navire est ensuite abandonné à son sort en pleine mer Adriatique dans le cas du Blue Sky M, ou près des côtes italiennes pour l'Ezadeem. Et d'une façon ou d'une autre, les migrants, ou les passeurs eux-mêmes, avertissent les autorités maritimes qui interviennent alors pour mener ces migrants à bon port.

Un voyage comme celui à bord du Blue Sky M peut rapporter plus d'un million de dollars, soit largement assez pour financer l'affrètement d'un bateau et de son équipage, avait expliqué vendredi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), faisant alors état d'informations sur un paiement entre 1 000 et 2 000 dollars pour une traversée.

Les autorités italiennes s'inquiètent de cette tendance, qui, si elle devait se confirmer, augmenterait significativement l'arrivée de migrants, déjà très importante.

Avec AFP

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