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Assassinat d’un témoin clé du procès du vice-président kenyan à la CPI

L'ex vice-président kenyan William Ruto, jugé à la CPI de La Haye depuis septembre 2013.
L'ex vice-président kenyan William Ruto, jugé à la CPI de La Haye depuis septembre 2013. Capture d'écran France24

Un homme d’affaire kenyan, disparu depuis le mois de décembre, a été retrouvé mort et mutilé le 4 janvier. Il était "un témoin clé" dans le procès du vice-président kenyan William Ruto devant la Cour pénale internationale.

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Meshack Yebei faisait partie d'une "short-list" de la défense au procès à la Cour pénale internationale (CPI) du vice-président William Ruto, jugé pour les violences post-électorales fin 2007, qui ont fait plus de 1 000 morts au Kenya.

Porté disparu depuis le 28 décembre, l’homme d’affaires a été retrouvé le crâne défoncé et des parties du corps mutilées, le 4 janvier. Son corps gisait dans une rivière du comté de Nandi, à quelque 300 km à l'ouest de la capitale Nairobi.

Selon des médias locaux, Yebei serait mort après avoir été frappé avec "un objet contondant au niveau de la tête". La famille a reconnu le corps du défunt.

"Assassinat choquant et profondément inquiétant"

La CPI s'est dite "préoccupée" par le décès de l'homme d'affaires, soulignant que le témoin n'était pas en contact avec l'accusation au moment de son enlèvement.

Du côté du camp Ruto, Karim Khan, l'avocat du vice-président a qualifié M. Yebei de "témoin très important pour la défense" et décrit son assassinat comme "choquant et profondément inquiétant".

Selon l'avocat, la victime avait fait l'objet d'une demande de placement sous le programme de protection des témoins de la CPI. Des tests ADN ont par ailleurs été réclamés par maître Khan pour mener "une enquête complète" sur "les circonstances de cet assassinat présumé".

Le procès du vice-président kényan William Ruto et de son co-accusé le présentateur radio Joshua Arap Sang s'est ouvert devant la CPI en septembre 2013.

>> À relire sur France 24 : La CPI abandonne les poursuites contre le président Kenyatta

Initimidation et menaces

Les enquêtes de la CPI au Kenya ont été émaillées d'incidents: intimidation et même disparition de témoins - jusqu'ici de l'accusation - mais aussi corruption ou faux témoignages.

Le président kényan Uhuru Kenyatta avait lui aussi été inculpé par la CPI de crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans les violences post-électorales, mais les accusations portées contre lui ont été abandonnées le mois dernier par la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, faute de preuves.

En abandonnant les poursuites, la procureure avait cependant dénoncé une "série d'obstacles majeurs" à son enquête, évoquant de "vastes initiatives concertées pour harceler, intimider et menacer" les témoins, certains ayant même choisi de "retirer leur témoignage".

Avec AFP

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