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Yémen : attentat-suicide meurtrier devant l'académie de police de Sanaa

Le corps de l'une des victimes de l'attentat survenu mercredi 7 janvier à Sanaa.
Le corps de l'une des victimes de l'attentat survenu mercredi 7 janvier à Sanaa. Mohammed Huwais, AFP

Au moins 20 personnes ont été tuées et 23 autres blessées, mercredi, lors d'un attentat-suicide perpétré dans le centre-ville de la capitale yéménite, Sanaa, contrôlée par des miliciens chiites du mouvement Ansaruallah.

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Un attentat à la voiture piégée devant l'académie de police de Sanaa, au Yémen, a fait plusieurs dizaines de morts et de blessés, mercredi 8 janvier. "Vingt personnes sont tombées en martyrs et au moins 23 autres ont été blessées dans un attentat terroriste commis à l'aide d'une voiture piégée à l'entrée de l'académie de police", a déclaré le gouverneur de la ville, Abdel Kader Hilal, à l'agence officielle Saba. Il a ajouté qu'il s'agissait d'un premier bilan de l'attentat dressé par le bureau du gouvernorat en charge de la santé publique. L’agence Reuters faisait quant à elle état d’une trentaine de morts et d’une cinquantaine de blessés, en se basant sur des sources policières et les déclarations des habitants.

Un correspondant de l'AFP, arrivé sur place peu après l'attentat, a décrit des scènes d'horreur. Les corps, déchiquetés par l'explosio, étaient mêlés à des débris de véhicules. L'attentat, commis à l’aide d’un minibus, selon l’AFP, visait des candidats venus s'inscrire à l'académie de police, a indiqué le gouverneur. Personne n’a revendiqué l’opération dans l’immédiat mais les autorités soupçonnent le réseau extrémiste sunnite d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), qui a mené des attaques similaires dans le passé.

Al-Qaïda en guerre contre Ansaruallah

Cet attentat intervient alors que la rébellion chiite des Houthis, aussi appelée Ansaruallah, a pris le contrôle de larges régions yéménites au cours de ces derniers mois. La milice, partie de son fief de Saada (nord), a lancé au début 2014 une offensive fulgurante qui lui a permis de prendre le contrôle de la capitale Sanaa le 21 septembre, puis d'élargir son influence progressivement vers l'ouest et le centre du Yémen. Leurs opposants les jugent comme des supplétifs de l’Iran chiite, ce que les Houthis réfutent. Aqpa, bien implanté dans le sud et le sud-est du Yémen, a juré de livrer un combat sans merci au mouvement chiite et tente de mobiliser des tribus sunnites pour mettre en échec ses avancées vers d'autres régions du Yémen.

>> À lire sur France 24 : "Yémen : l’irrémédiable ascension des Houthis, nouveaux maîtres de Sanaa"

Les attaques contre les chiites se sont multipliées ces derniers jours au Yémen. Le dernier en date a visé dimanche un rassemblement de miliciens chiites à Dhamar, au sud de Sanaa, faisant quatre morts. Un autre attentat anti-chiite, revendiqué par Aqpa, avait fait 49 morts le 31 décembre à Ibb, dans le centre du pays. Cette attaque commise par un kamikaze avait visé des partisans de la milice chiite d'Ansaruallah qui participaient à une cérémonie religieuse.

Par ailleurs, deux chefs tribaux et quatre membres de leur escorte ont été tués mardi dans une embuscade tendue par des hommes armés non-identifiés dans la région de Baïda, dans le centre du Yémen, selon Saba. Le Congrès populaire général, parti de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, a affirmé dans un communiqué que ces chefs tribaux faisaient partie de ses dirigeants et a condamné l'attaque. Il a rendu les autorités responsables du relâchement des mesures de sécurité qui favorisent "les violences quasi-quotidiennes" dans le pays.

Avec AFP

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