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Fusillade à "Charlie Hebdo" : Charb, Cabu et Bernard Maris parmi les victimes

Le directeur de Charlie Hebdo : Stephane Charbonnier, alias Charb
Le directeur de Charlie Hebdo : Stephane Charbonnier, alias Charb AFP

Certains des journalistes les plus emblématiques de Charlie Hebdo ont été tués lors de la fusillade de ce mercredi. Parmi eux : le directeur Charb ainsi que les célèbres dessinateurs Cabu, Wolinski et Tignous.

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Ils étaient le symbole de "Charlie Hebdo", le journal satirique le plus frondeur et le plus réputé de France. Charb, son directeur, Cabu, Wolinski, Tignous, ses dessinateurs les plus connus, et Bernard Maris, journaliste et contributeur régulier, ont été tués par les hommes armés qui ont attaqué mercredi 7 janvier le siège de leur publication.

Ils se savaient dans la ligne de mire des extrémistes, eux qui publiaient régulièrement des dessins humoristiques se moquant des religions – de toutes les religions. Leur journal avait déjà été la cible ces dernières années de menaces et d'un incendie criminel après la publication de caricatures de Mahomet.

En novembre 2011, malgré les menaces, Charlie Hebdo persiste et signe en publiant un numéro spécial rebaptisé "Charia hebdo" avec, en Une, la caricature d'un prophète Mahomet hilare. Il se vend à 400 000 exemplaires. Le jour de la publication, les locaux de Charlie Hebdo sont détruits par un incendie criminel. Le gouvernement parle alors d'"attentat" et pointe du doigt des "musulmans intégristes".

À revoir sur France 24 : l'émission "L'Entretien" avec Charb, en septembre 2014

Jamais, pourtant, l’hebdomadaire n’a renoncé à ce ton irrévérencieux qui avait fait sa réputation. "La seule chose qui menace la presse, c’est l’autocensure", avait déclaré Charb à France 24, peu après l’incendie du siège de la publication.

Charb, 47 ans, de son vrai nom Stéphane Charbonnier, avait pris la direction de "Charlie Hebdo" en mai 2009 après le départ de Philippe Val. Durant sa carrière, le dessinateur a collaboré avec plusieurs titres de presse ("L’Écho des savanes", "Télérama", "Fluide glacial", etc.), où il se distinguait par son ton particulièrement corrosif.

Proche du Parti communiste français (PCF) et du Front de gauche, il n’aimait rien tant que de brocarder les dérives du capitalisme à travers, notamment, ses dessins de Maurice et Pataton, duo formé par un chien et un chat se livrant à des réflexions absurdes sur l’état du monde.

Charb avait signé dans le dernier numéro de "Charlie Hebdo" un dessin qui trouve, mercredi, un tragique écho.

Jean Cabut, dit Cabu, était un membre de la première heure de l’hebdomadaire satirique. Mais le caricaturiste mettait son coup de crayon, reconnaissable entre mille, au service de bien d’autres parutions, dont "Le Canard enchaîné".

Né en 1938 à Châlons-sur-Marne, Cabu avait fait ses armes dans le quotidien régional "L'Union de Reims" et dans "Paris Match" avant d’intégrer la rédaction de la revue satirico-anarchiste "Hara-Kiri". Anti-militariste convaincu, Cabu se fait connaître du grand public grâce à son personnage du Grand Duduche, espèce d’échalas naïf et idéaliste, ainsi que pour ses apparitions télévisées dans le programme jeunesse "Récré A2" au côté de l’animatrice Dorothée.

Jean Cabut, dit Cabu, est décédé lors de l'attaque du siège de "Charlie Hebdo"
Jean Cabut, dit Cabu, est décédé lors de l'attaque du siège de "Charlie Hebdo" AFP

L’annonce de son assassinat, mercredi, a suscité de nombreuses réactions parmi ses pairs et, plus largement, dans le monde de la culture. "C'est le caricaturiste le plus doué de sa génération, tout le monde l'imite", a témoigné Willem, dessinateur pour "Libération". Sa mort "laisse un vide béant dans le monde des dessinateurs de presse", écrit "Le Monde".

Collaborateur, lui aussi, du magazine "Hara-Kiri" dans les années 1970 et 1980, Georges Wolinski, 80 ans, figurait parmi les dessinateurs les plus connus et les plus sollicités par les titres de presse. Contributeur régulier de "Paris Match" et de "Charlie Hebdo", il a travaillé, entre autres, pour "France Soir", "L’Humanité" et "Le Nouvel Observateur".

Georges Wolinski a, également, trouvé la mort lors de l'attaque contre "Charlie Hebdo"
Georges Wolinski a, également, trouvé la mort lors de l'attaque contre "Charlie Hebdo" AFP

En janvier 2005, Georges Wolinski fut décoré de la Légion d’honneur. Cette même année, le Festival de bande dessinée d’Angoulême lui décerna un Grand Prix pour l’ensemble de sa carrière.

Âgé de 57 ans, Bernard Verlhac, dit Tignous, œuvrait également pour plusieurs publications, dont "Marianne" et "Fluide glacial". Il est l’auteur de plusieurs bande dessinées traitant avec humour de la politique française ("Le Procès Colonna", "5 ans sous Sarkozy", etc.).

Bernard Verlhac, dit Tignous, compte aussi parmi les victimes de l'attaque contre le siège de Charlie Hebdo.
Bernard Verlhac, dit Tignous, compte aussi parmi les victimes de l'attaque contre le siège de Charlie Hebdo. Wikimedia Commons

 

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