TERRORISME

Attaque contre "Charlie Hebdo" : la presse française sous le choc

La une de "Libération" ce jeudi : "Nous sommes tous Charlie"

À la une des journaux français, jeudi, des fonds noirs et des dessins de presse rendent hommage aux douze morts de la sanglante attaque survenue la veille contre le journal satirique "Charlie Hebdo".

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"Nous sommes tous Charlie", titre "Libération", au lendemain de l'attaque terroriste meurtrière contre "Charlie Hebdo". La mention, brandie par de nombreux manifestants mercredi soir partout en France, se retrouve très souvent en manchette des quotidiens, jeudi 8 janvier. Le directeur de "Libé" commence son éditorial par "Ils ont tué Cabu !", "ils ont tué Wolin, Charb, Tignous, Bernard Maris et les autres !" comme le "Ils ont tué Jaurès" de l'été 1914. "Nous ne sommes pas des soldats. Mais nous défendrons notre savoir-faire et notre vocation : aider le lecteur à se sentir citoyen. Ce n'est pas grand-chose mais c'est quelque chose. Avec une certitude mieux ancrée : maintenant, nous savons pourquoi nous faisons ce métier", martèle Laurent Joffrin.

"La liberté assassinée", clame "Le Figaro", dont le logo bleu habituel est passé au noir, qui publie les photos de six des victimes : les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski et le chroniqueur Bernard Maris. Dans un éditorial intitulé "La guerre", le directeur Alexis Brézet annonce "une vraie guerre, menée non par des soldats mais par des assassins de l'ombre, des tueurs méthodiques et organisés, dont la tranquille sauvagerie glace le sang".

"C'est la liberté qu'on assassine", renchérit "L'Humanité". Pour Patrick Le Hyaric, "dans ces heures tragiques, dans un contexte où les tensions ne cessent de monter, la République une et indivisible, tolérante, laïque et sociale, doit plus que jamais s'affirmer. Elle doit résister et faire front contre ces lâches et ces barbares".

Le quotidien économique "Les Échos" appelle lui aussi à faire "Face à la barbarie" et publie le dernier dessin de Charb. L'éditorialiste Nicolas Barré s'en prend à "des salauds cagoulés (qui) ont déclaré la guerre à la France, à notre démocratie, à nos valeurs". L’autre titre économique, "L'Opinion", évoque "Charlie Hebdo : l'état de choc".

"La Croix" titre "La France meurtrie", avec un dessin de Deligne représentant un encrier renversé sur la liberté d'expression représentée sous forme d'une bulle de BD. La directrice du journal catholique, Dominique Quinio, affirme que "les journalistes n'ont pas un statut d'exception devant la mort, mais s'attaquer aux médias, à la liberté d'informer (fût-ce de caricaturer), c'est refuser une société de débat, d'insolence et de pluralisme, c'est s'attaquer aux fondements de la démocratie".

"Le Parisien/Aujourd'hui en France" assure pour sa part qu'"Ils ne tueront pas la liberté" avec en photo de une des manifestants brandissant les affichettes "Je suis Charlie". "Nos seules armes face à la sauvagerie, c'est de redire, ensemble et clairement, que nous ne laisserons jamais assassiner notre liberté et nos valeurs", écrit le directeur du journal, Thierry Borsa.

Même le quotidien sportif "L'Équipe" fait part de son effroi : "Liberté-barbarie 0-12", titre-t-il dans un dessin qui occupe toute sa une.

La presse quotidienne régionale rend également hommage à "Charlie"

En région, "Ouest-France" dénonce "Un crime contre notre liberté". Un dessin de Chaunu dans le quotidien breton rend hommage à ses confrères représentés en suppliciés ligotés à des crayons. Pour François Régis Hutin, patron du journal, "l'abominable attentat qui nous meurtrit tous, atteint, à travers les journalistes visés, tous ceux qui se veulent libres". "Assassinés" écrit "Le Télégramme".

"NON" dit simplement "Sud-Ouest". Pour "Le Maine libre", "On a voulu tuer la liberté". Un bandeau noir recouvre le titre de "La Dépêche du midi", comme celui de la "République des Pyrénées". "Le Havre libre" s'est rebaptisé "Charlie libre". Paris Normandie est devenu "Charlie Normandie".

Autre dessin à la une des "Dernières Nouvelles d'Alsace" : un buste de Marianne et un crayon criblés de balles baignent dans une mare de sang.

"Le Courrier picard" et "Presse Océan", enfin, se risquent à l'humour noir dans le plus pur style du journal satirique : "Balles tragiques à Charlie Hebdo : 12 morts". Référence ultime à la fameuse une de "Hara Kiri" sur la mort du général de Gaulle en novembre 1970 : "Bal tragique à Colombey : un mort", qui avait valu son interdiction au journal et sa renaissance sous le nom de "Charlie Hebdo".

Avec AFP

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