FRANCE

Marche républicaine : l’unité nationale se heurte à la présence du FN

 Marine Le Pen a dénoncé "l’exclusion" de son parti à la marche républicaine organisée dimanche.
Marine Le Pen a dénoncé "l’exclusion" de son parti à la marche républicaine organisée dimanche. Stéphane de Sakutin, AFP

L'unité nationale proclamée après l'attentat contre Charlie Hebdo s'est fissurée, jeudi, autour de l'organisation de la marche républicaine, dimanche, à Paris. Se disant exclue du défilé, Marine Le Pen a dénoncé une "vaste escroquerie politicienne".

Publicité

L'unité nationale proclamée après l'attentat contre Charlie Hebdo s'est fissurée jeudi 8 janvier autour de l'organisation de la marche républicaine prévue dimanche prochain à Paris. Cette "marche républicaine et silencieuse" a été lancée à l'appel de l'ensemble des partis de gauche et de droite - sauf le FN -, de syndicats (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa, FSU) ainsi que des associations de défense des droits de l’Homme (LDH, Licra, Mrap, SOS Racisme).

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a quant à elle dénoncé "l’exclusion" de son parti du défilé. "L'idée lancée par le président de la République d'une union nationale dont serait exclu un parti qui représente 25 % des Français transforme cette union nationale en une vaste escroquerie politicienne", a-t-elle jugé.

"Les choses sont claires. Ils déclarent [que le FN n'est pas le bienvenu] à l'issue d'une réunion où ont été invités l'ensemble des partis politiques sauf le FN. Il n'y a plus d'union nationale, elle a disparu de leur fait", a déclaré Marine Le Pen, qui sera par ailleurs reçue vendredi matin à l'Élysée par François Hollande.

Emboîtant le pas à François Fillon, le secrétaire général de l'UMP Laurent Wauquiez a affirmé que son parti était "unanime" pour s'opposer à l'exclusion du FN de la marche républicaine. De même, le président du Modem François Bayrou a jugé que c'était "une mauvaise décision d'exclure qui que ce soit" de ce rassemblement.

Pas de place pour un parti qui divise les Français

Or, pour François Lamy, qui organise le rassemblement pour le PS, les choses sont formelles : "Il n'y a pas de place pour une formation politique qui, depuis des années, divise les Français, stigmatise les concitoyens en fonction de leur origine ou de leur religion, ou ne se situe pas dans une démarche de rassemblement des Français."

L’un des porte-parole du PS, Olivier Faure, a lui estimé que le Front national ne pouvait "en aucun cas compter sur [eux] pour lui donner un brevet républicain en l'invitant".

>> À lire sur France 24 : "'Charlie Hebdo' : l'union sacrée politique face à la barbarie, à quel prix ?"

Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a quant à lui tenté de désamorcer la polémique en déclarant jeudi soir sur BFMTV que "vient qui veut et qui se sent concerné". "Pas de polémique, pas de nouveaux débats", s'est-il agacé, "cette manifestation appartient à la France".

Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche (PG), a indiqué qu'il ne reconnaissait "pas d'autorité" au Premier ministre pour organiser cet événement, son parti, par la voix d'Eric Coquerel refusant par ailleurs la présence du FN au défilé.

La manifestation partira à 15 h de la place de la République vers la place de la Nation, en passant par le boulevard Voltaire - un symbole puisqu'il croise le boulevard Richard Lenoir, à proximité des locaux de Charlie Hebdo, dans le XIe arrondissement.

La participation de François Hollande était elle envisagée mais "pas décidée", indiquait-on jeudi soir dans l'entourage du président de la République.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine