FRANCE

"Charlie Hebdo" : la traque des suspects se poursuit deux jours après l’attentat

Des membres du GIPN, du Raid, et des forces spéciales françaises à Corcy, le 8 janvier 2015..
Des membres du GIPN, du Raid, et des forces spéciales françaises à Corcy, le 8 janvier 2015.. François Lo Presti, AFP

Les frères Kouachi, jihadistes français soupçonnés d’avoir perpétré la tuerie à "Charlie Hebdo", étaient toujours en fuite vendredi. Les forces de l’ordre sillonnent actuellement une vaste zone boisée à environ 80 km au nord-est de Paris.

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Les frères Kouachi entament leur troisième jour de cavale. Les deux fugitifs, soupçonnés d'être les auteurs de l'attaque sanglante au siège de "Charlie Hebdo", étaient toujours activement recherchés, vendredi 9 janvier, par des milliers de policiers. Ces derniers passent au peigne fin une vaste zone boisée à environ 80 km au nord-est de Paris, à cheval entre l'Aisne et l'Oise.

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La traque de deux auteurs présumés de la tuerie de "Charlie Hebdo", qui a fait 12 victimes, continue donc à battre son plein en ce jour de prière dans les mosquées, où les imams devraient rendre hommage aux douze morts du pire attentat depuis plus d'un demi-siècle en France.

L'imposant dispositif des policiers du Raid et des gendarmes du GIGN, qui ont parcouru minutieusement plusieurs recoins, a été allégé durant la nuit. Mais les hélicoptères ont tournoyé plusieurs heures dans l'obscurité, et les membres des forces de l'ordre, armés et cagoulés, ont continué de contrôler de nombreux axes de la région, ont constaté des journalistes de l'AFP.

C'est dans cette zone que les deux fugitifs, Chérif et Saïd Kouachi, 32 et 34 ans, ont été formellement reconnus jeudi matin par le gérant d'une station-essence qu'ils ont agressé près de Villers-Cotterêts. Visage à découvert, ils étaient armés de Kalachnikov et disposaient d'un lance-roquette dans leur voiture, selon la vidéosurveillance.

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Un autre tireur est aussi recherché par la police: celui d'une fusillade dans laquelle une policière municipale a été tuée jeudi matin en banlieue parisienne, une attaque sans lien "à ce stade" avec l'attentat contre "Charlie", a tenu à préciser le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

'Attentats de grande ampleur'

Au total, neuf personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'attentat.

La tuerie dans les locaux de l'hebdomadaire satirique, régulièrement menacé depuis 2006 et la publication de caricatures de Mahomet, n'a pas été revendiquée. Mais ses auteurs, qui ont crié "Allah akbar" et "on a vengé le prophète" lors de l'attaque, ont été salués commes des "héros" par le groupe jihadiste État islamique actif en Syrie et en Irak.

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Une très forte émotion a saisi la France après l'attaque dans laquelle ont notamment été tués certains des caricaturistes français les plus connus, comme Wolinski ou Cabu, père du "Beauf" et du "grand Duduche".

Mais aussi Charb, Tignous et Honoré, des historiques de "Charlie" connus pour leurs dessins irrévérencieux, le chroniqueur économique Bernard Maris, deux policiers, une chroniqueuse, un correcteur, un invité de la rédaction et un agent de maintenance.

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Au lendemain de la journée de deuil national, marquée par un slogan -- "Je suis Charlie" -- et une minute de silence qui a figé le pays jeudi midi, "les imams de toutes les mosquées de France" ont été invités par les grandes fédérations musulmanes à condamner "avec la plus grande fermeté la violence et le terrorisme" lors de la grande prière du vendredi.

Dimanche, ce sera le tour de "marches républicaines" à l'appel des principaux "partis républicains" de tous bords, de syndicats, d'associations et des grandes fédérations musulmanes. Mais "l'unité nationale" annoncée s'est fissurée, Marine Le Pen dénonçant "l'exclusion" du Front national, contre laquelle s'est également élevée l'UMP.

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Les survivants de la rédaction de "Charlie" ont décidé de sortir mercredi un nouveau numéro tiré à un million d'exemplaires. "Ce n'est pas la connerie qui va gagner", a lancé l'urgentiste Patrick Pelloux, chroniqueur de l'hebdomadaire.
 

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