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Al-Qaïda au Yémen affirme avoir commandité l’attaque des frères Kouachi

Harath Al-Nazari, membre d'AQPA, s'est félicité dans un document audio de l'attaque des frères Kouachi.
Harath Al-Nazari, membre d'AQPA, s'est félicité dans un document audio de l'attaque des frères Kouachi. SITE

Dans un communiqué, Al-Qaïda dans la péninsule arabique, une branche yéménite de l’organisation terroriste, affirme avoir commandité l’attaque des frères Kouachi et choisi "Charlie Hebdo" pour cible.

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Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), une branche d’Al-Qaïda au Yémen, a affirmé vendredi 10 janvier au soir, dans un communiqué, avoir commandité aux frères Kouachi l’attaque de "Charlie Hebdo" à l’origine de la mort de douze personnes.

Le communiqué précise que "l’opération était inspirée des menaces lancées par Oussama Ben Laden contre la liberté d’expression occidentale, et ce qui est considéré comme ‘blasphématoire’ contre des éléments sacrés de l’Islam".

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Dans le même communiqué, le groupe affirme ne pas avoir revendiqué immédiatement l’attaque pour ne pas "compromettre la sécurité des deux exécutants".

Vendredi, en pleine prise d’otage à Dammartin-en-Goële, Chérif Kouachi, joint au téléphone par BFMTV, avait lui-même revendiqué l’attaque contre "Charlie Hebdo" au nom d’AQPA, expliquant avoir été financé par le cheikh Anouar Al-Awlaki.

Dans une première vidéo diffusée vendredi soir, un responsable religieux d’AQPA, Harath Al-Nazari, s’est "félicité de l’attaque" sans pour autant la revendiquer, tout en mettant en garde la France "si elle continue sa guerre contre les musulmans".

"Aucune coordination entre AQPA et l’organisation de l’EI"

Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements et mouvances jihadistes, confirme l’authenticité du communiqué mais précise que "ce texte revendique l’action des frères Kouachi contre le magazine "Charlie Hebdo", mais pas celles d’Amedy Coulibaly".

Pour le journaliste, c’est bien "par amitié et solidarité" pour l’un des deux frères Kouachi qu’Amedy Coulibaly aurait agi, mais "il n’y a pas de coordination à l’échelle des groupes dont ils se revendiquent chacun, à savoir AQPA et l’organisation de l’État islamique" poursuit-il.

"D’un côté, on a une action des frères Kouachi préparée, ciblée contre 'Charlie Hebdo', de l’autre, chez Coulibaly, on a des attaques aléatoires et individuelles, en réponse aux appels de l'EI à frapper en France depuis l'engagement français en Irak dans le cadre de la coalition".

Un des frères Kouachi étudiait l’arabe au Yémen en 2009

La piste yéménite, évoquée par France 24 au soir de l’attaque contre "Charlie Hebdo", semble aujourd’hui se confirmer : selon les informations du "New York Times", qui cite le journaliste yéménite Mohammed Al-Kibsi, Saïd Kouachi se serait rendu à Sanaa, la capitale du Yémen, en janvier 2010.

Le journaliste avait rencontré Saïd Kouachi alors qu’il enquêtait sur Umar Farouk Abdulmutallab, un Nigérian qui affirmait avoir des liens avec Al-Qaïda, auteur d’une tentative d’attentat contre un avion de ligne reliant Amsterdam et Détroit en 2009. L’attaque avait échoué, et le Nigérian a été condamné à la perpétuité en 2012 aux États-Unis.

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Saïd Kouachi avait alors affirmé être ami avec Abdulmutallab, et qu’ils avaient même vécu sous le même toit pendant une ou deux semaines, quelques mois avant la tentative d’attentat. Ils étudaient tous les deux l’arabe à l’Institut des langues arabes de Sanaa et priaient à la même mosquée, selon le journaliste Mohammed Al-Kibsi.

Pour Wassim Nasr, si Saïd Kouachi s’est certainement rendu au Yémen à l’appel de Anwar al-Awlaki, prédicateur américain d’ascendance yéménite qui appelait régulièrement à attaquer l’hebdomadaire "Charlie Hebdo", "il n’est pas certains qu’il ait directement rencontré Awlaki, mais des représentants de la branche yéménite".

AQPA est considérée comme l’une des branches les plus dangereuses de tout le réseau jihadiste. Elle est active bien au-delà du Yémen et de l'Arabie saoudite et a revendiqué plusieurs attentats à l'étranger.

À plusieurs reprises, elle a appelé ses partisans à s'en prendre à la France, mais aussi plus récemment à Charb, dont elle avait publié la photo au printemps 2013 dans sa revue de propagande Inspire : "Recherché mort ou vif pour crime contre l'islam".

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