CHARLIE HEBDO

La famille d’Ahmed Merabet appelle à ne pas mélanger extrémistes et musulmans

La famille Merabet a appelé à éviter les amalgames après le décès de leur proche, Ahmed, un policier tué dans l'attaque contre "Charlie Hebdo".
La famille Merabet a appelé à éviter les amalgames après le décès de leur proche, Ahmed, un policier tué dans l'attaque contre "Charlie Hebdo". Martin Bureau, AFP

La famille d’Ahmed Merabet, policier tué dans l’attaque contre "Charlie Hebdo", a appelé samedi à ne pas faire d’amalgames dangereux. Un appel également lancé par d’autres leaders musulmans.

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Réunie samedi 10 janvier pour une conférence de presse à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), la famille du policier musulman tué lors de l’attaque terroriste contre "Charlie Hebdo" a voulu rendre hommage à Ahmed Merabet et délivrer un message clair au public français.

"Je m'adresse à tous les racistes, islamophobes et antisémites : il ne faut pas mélanger les extrémistes et les musulmans" a déclaré le frère d’Ahmed, visiblement très ému devant une poignée de micros. "Arrêtez de faire des amalgames, de déclencher des guerres, de brûler des mosquées ou des synagogues".

Répondant aux questions des journalistes, il a insisté sur le fait que son "frère était musulman, il s’est fait abattre par des gens qui étaient des faux musulmans, c’était deux terroristes".

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Un appel lancé par plusieurs leaders musulmans

Un message qui fait écho à ceux délivrés par les responsables religieux musulmans, dont la condamnation des attaques a été unanime dans tout le pays.

"Le fait de condamner clairement ces actions tragiques est important, nécessaire. Mais ce n'est pas suffisant : les musulmans français et leurs responsables ne peuvent s'en tenir à ces discours, il faut qu'ils mènent tout un travail de prévention pour ne pas en arriver là", a expliqué à l'AFP Anouar Kbibech, président du Rassemblement des musulmans de France (RMF).

"Oui, j'irai à la manifestation", a pour sa part déclaré l'imam Chabbar Taieb, de la mosquée Ali, rue du faubourg Saint-Denis, à Paris, qui a demandé aux fidèles "de faire preuve de patience face à d'éventuelles provocations anti-musulmanes".

La condamnation la plus lourde a été lancée vendredi soir par Tareq Oubrou, imam de la mosquée de Bordeaux. L’attaque contre "Charlie Hebdo" est "un acte pathologique, un crime perpétré par deux musulmans déséquilibrés et incultes […]. Le prophète a subi des satires à son époque, et il a répondu par la satire. Si vous n'êtes pas d'accord avec les caricatures, faites des caricatures" a-t-il déclaré.

Plusieurs lieux de cultes attaqués depuis mercredi

Ces prises de position interviennent alors que plusieurs lieux du culte musulmans ont été attaqués depuis l’attaque contre "Charlie Hebdo".

Samedi, une carcasse de sanglier a été découverte devant une salle de prière musulmane du village de Ghisonaccia (Haute-Corse). Des tracts islamophobes faisant état de "légitime défiance" ont également été apposés sur les pare-brises de voitures stationnées dans le centre de Bastia.

Dès mercredi soir, au Mans, une mosquée du quartier populaire des Sablons a été attaquée par des tirs et trois grenades à plâtre qui ont fait des dégats mineurs.

À Port-la-Nouvelle, non loin de Narbonne, une salle de prière a été prise pour cible par un individu qui a tiré deux coups de feu, une heure après la prière. D’autres coups de feu ont été tirés sur la façade d’une mosquée près d’Albi, dans le sud de la France.

Plusieurs commerces musulmans ont fait aussi l’objet d’agressions. À Villefranche-sur-Saône, près de Lyon, une explosion d’origine criminelle a visé les locaux d’un restaurant kebab. Aucune victime n’est à déplorer.
 

avec AFP

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