LIBAN

Un attentat-suicide revendiqué par le Front al-Nosra fait neuf morts à Tripoli

Les forces de sécurité libanaises et les secours arrivent sur les lieux de l'attentat-suicide dans un café de Tripoli, au Liban, le 10 janvier 2015.
Les forces de sécurité libanaises et les secours arrivent sur les lieux de l'attentat-suicide dans un café de Tripoli, au Liban, le 10 janvier 2015. Ibrahim Chalhoub, AFP

Un attentat-suicide samedi contre un café de Tripoli, dans le nord du Liban, a fait au moins neuf morts et une trentaine de blessés. L'attaque a été revendiquée par le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, sur son compte Twitter.

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Neuf personnes ont été tuées et 37 autres blessées, samedi 10 janvier, dans deux attentats-suicides à Tripoli, dans le quartier à majorité alaouite de Jabal Mohsen, faisant craindre une nouvelle flambée de violence dans la grande ville du nord du Liban, voisine de la Syrie.

L'attentat a été revendiqué par les islamistes du Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, sur son compte Twitter. Cette attaque a suscité l'indignation au sein de la classe politique, qui a exprimé sa solidarité avec les habitants du quartier visé et appelé à l'"unité nationale".

Selon l'armée, qui s’est exprimée dans un communiqué, "autour de 19 h 30 (17 h 30 GMT), un kamikaze a attaqué un café à Jabal Mohsen, faisant plusieurs morts et blessés parmi les civils". Une source des services de sécurité a précisé que l'attaque avait eu lieu dans le café Al-Achkar. Ensuite "un second kamikaze est arrivé et s'est également fait exploser", selon cette source.

À la suite de l’attentat, un couvre-feu a été imposé dans le quartier jusqu'à 7 h dimanche matin et l'armée a bouclé le secteur autour du café attaqué.

Une source des services de sécurité a indiqué que le kamikaze serait un jeune du quartier Mankoubine, à majorité sunnite, et que l'armée avait investi son domicile et arrêté son père.

Accrochages réguliers entre sunnites et alaouites

Tripoli a été, entre mai 2007 et le printemps 2014, le théâtre de heurts réguliers et meurtriers entre sunnites du quartier de Bab el-Tebbaneh et alaouites de Jabal Mohsen, qui se sont intensifiés avec le conflit en Syrie voisine, les sunnites soutenant la rébellion syrienne et les alaouites partisans du régime de Bachar al-Assad.

Depuis octobre, l'armée libanaise a été déployée en force à Tripoli, deuxième ville du pays, arrêtant des centaines de personnes pour tenter de ramener le calme.

Les attaques de samedi font craindre une nouvelle explosion de violence dans la ville, le Premier ministre Tammam Salam dénonçant un "crime qui ne va pas entamer la volonté de l'État de faire face au terrorisme et aux terroristes". Le Hezbollah chiite, allié du régime Assad, a lui accusé les groupes extrémistes sunnites de terrorisme.

Le Liban, qui a été sous la tutelle syrienne pendant une trentaine d'années, est profondément divisé entre alaouites et chiites du Hezbollah partisans du président Assad, et sunnites qui penchent du côté de l'opposition.

Avec AFP et Reuters

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