FRANCE

Marche républicaine : imbroglio diplomatique autour de Netanyahou et Abbas

Benjamin Netanyahou et Mahmoud Abbas lors de la marche républicaine, le 11 janvier à Paris.
Benjamin Netanyahou et Mahmoud Abbas lors de la marche républicaine, le 11 janvier à Paris. AFP / Eric Feferberg

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, ont défilé dimanche à quelques mètres de distance pour la marche républicaine à Paris. Retour sur une présence commune qui n’était pas prévue.

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Ils ne sont séparés que de quelques mètres. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont tous les deux défilé à la marche républicaine, dimanche 11 janvier à Paris, alors que le dialogue israélo-palestinien est toujours dans l'impasse. Les deux leaders politiques ont ainsi mis fin à plus de quatre ans de disette diplomatique. Leur dernière rencontre remonte au mois de septembre 2010, lors de négociations menées par les États-Unis à Jérusalem.

L’élan pacifique de la foule n’a pourtant pas suffi à rapprocher davantage les deux hommes. Aucune poignée de main n’a été échangée devant les caméras. Qu’importe, l’image des deux hommes marchant ensemble contre le terrorisme est tout de même là, et fait le tour du monde. Mais on aurait pu ne jamais la voir, car la présence des deux hommes n’était pas initialement prévue au programme.

 

Éviter l’importation du conflit israélo-palestinien

La diplomatie française a, en effet, dans un premier temps tenté de dissuader le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou de se rendre au défilé à Paris, ont révélé, lundi 12 janvier la chaîne israélienne Arutz 2 et le quotidien Haaretz. Le message de la présidence française indiquait, selon les mêmes sources, que Paris voulait éviter tout élément de "division" et toute mention du conflit israélo-palestinien dans les rangs de la manifestation.

>> À lire sur France 24 : Paris : "la capitale du monde" a accueilli des dirigeants du monde entier

Benjamin Netanyahou a d’abord accepté samedi de se soumettre à la recommandation française, notamment pour des raisons de sécurité, avant de se raviser. Après avoir annoncé dans un communiqué officiel la participation des ministres des Affaires étrangères Avigdor Lieberman et de l'Économie Naftali Bennett à la marche, le dirigeant israélien a finalement fait savoir qu'il serait présent à leurs côtés pour ne pas laisser le champ libre à ses rivaux.

Devant ce revirement, François Hollande a alors aussitôt adressé une invitation au président de l'Autorité palestinienne pour éviter tout incident diplomatique. Encouragé par les autorités françaises, Mahmoud Abbas, a accepté l’invitation et annoncé, à son tour, sa venue à la marche parisienne. Un imbroglio diplomatique qui aurait sûrement inspiré les caricaturistes disparus de "Charlie Hebdo".

Une polémique désamorcée

La présence de Benjamin Netanyahou en France restait tout de même délicate à bien des égards. Outre l’important service de sécurité qu’il a fallu déployer pour le protéger, le chef du gouvernement israélien est arrivé à Paris sur fond de polémique. La veille, ses déclarations sur les juifs de France avaient suscité de nombreuses réactions indignées. "À tous les juifs de France, tous les juifs d'Europe, je vous dis : Israël n'est pas seulement le lieu vers lequel vous vous tournez pour prier. Israël est votre foyer", avait lancé le chef israélien. Manuel Valls lui avait rétorqué que "la France, sans les juifs de France, n'est plus la France".

Avant de se recueillir devant le supermarché casher parisien, le dirigeant israélien invité à une cérémonie d'hommage à la Grande synagogue de Paris, a pu nuancer ses propos : "Vous avez le droit de vivre en sécurité et en paix dans chaque endroit où vous choisirez de vivre", ajoutant : "En particulier en France". Il a ensuite salué la "position très ferme" du duo Hollande-Valls contre "le nouvel antisémitisme".

Un discours apaisant qui arrive après plusieurs semaines de relations tendues entre Israël et la France. Le vote d'une résolution symbolique de reconnaissance de la Palestine votée par le parlement français fin 2014 avait eu raison des bonnes relations entre les deux diplomaties.

 

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