CROATIE

Kolinda Grabar Kitarovic, première femme élue présidente de la Croatie

AFP

La conservatrice Kolinda Grabar Kitarovic a été élue à la tête de la Croatie, à l'issue du second tour de l'élection présidentielle dimanche, face au président sortant. Elle incarne l'aile modérée de son parti de droite, HDZ.

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Elle aime souligner qu’elle est une "femme du peuple". La candidate de l'opposition conservatrice Kolinda Grabar Kitarovic, a été élue, dimanche 11 janvier, au suffrage universel à la tête de la Croatie. C’est la première fois qu’une femme prend les rênes de ce pays confronté depuis six ans à une grave crise économique.

Kolinda Grabar Kitarovic, ancienne ministre des Affaires étrangères, a battu au second tour avec 50,4 % des voix le président sortant, le social-démocrate Ivo Josipovic. Ce dernier, expert en droit pénal et compositeur de musique classique, a payé le prix des mauvais résultats économiques du gouvernement dirigé par le Parti social-démocrate (SDP), dont il était le candidat.

Relancer l’économie

La nouvelle chef de l’État n’est pas une novice en politique. Elle fut ministre de l'Intégration européenne puis des Affaires étrangères (2003-2008), a été ambassadrice à Washington jusqu'en 2011. Elle a pris ensuite le poste d'adjointe du secrétaire général de l'Otan chargée des informations publiques avant d’accéder, à 46 ans, à la magistrature suprême de son pays.

Politicienne dynamique, blonde toujours souriante et rayonnante, elle a fait campagne sous le slogan "pour une meilleure Croatie" avec un programme dont l'ambition est de relancer l'économie vacillante du pays, devenu le 28e membre de l'Union européenne en juillet 2013 mais en récession quasi permanente depuis plusieurs années.

Grabar Kitarovic incarne l'aile modérée – voire ouverte – de l'Union démocratique croate (HDZ, conservateurs). Durant sa campagne, elle affirmé qu'elle soutiendrait l'éventuel choix d'un de ses enfants d'être homosexuel et qu'elle autoriserait l'utilisation de la marijuana à des fins médicales. Catholique pratiquante, elle n’en reste pas moins féministe sur le sujet de l'avortement : "C'est à la femme que revient la décision" de donner ou non naissance à un enfant, a-t-elle déclaré.

Diplômée d'anglais et d'espagnol, détentrice d'un master en sciences politiques à l'université de Zagreb, Mme Grabar Kitarovic a rejoint le HDZ en 1990.

"Elle sait traire une vache"

"Je n'ai jamais renoncé à mes convictions et j'ai toujours eu les mêmes valeurs : la patrie et la famille sont mon choix de vie", déclare cette mère de deux enfants, décrivant son mari comme "papa de profession".

Fille de boucher, elle est née dans un village près du port adriatique de Rijeka (nord-ouest). Evoquant souvent ses origines modestes, elle décrit avec passion son enfance à la campagne ajoutant "ma mère est mon héros. C'est son exemple qui a nourri mes ambitions" dans la vie.

Elle s’est notamment vanté d’avoir été au sein de l'Otan "la seule personne sachant comment traire une vache".

Les analystes louent la capacité de cette femme, toujours juchée sur des hauts talons, de présenter ses arguments de manière posée, mais éloquente et ferme. Ses détracteurs critiquent son allure vestimentaire, sa tendance à relever ses cheveux en chignon et à porter des faux-cils. "Ce sont des choses secondaires. La présence est importante, mais les gens se souviennent plutôt de votre sourire qui ouvre toutes les portes", a-t-elle déclaré récemment dans une interview.

Avec AFP

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