FRANCE

Manuel Valls brandit les valeurs de la République

Les députés et le gouvernement ont chanté la "Marseillaise" dans l'hémicycle, mardi 13 janvier.
Les députés et le gouvernement ont chanté la "Marseillaise" dans l'hémicycle, mardi 13 janvier. François Guillot, AFP

Après une "Marseillaise" historique entonnée à l'unisson par les députés, Manuel Valls a souligné qu'au-delà d'une riposte sécuritaire, la France devait s'appuyer sur la République et ses valeurs. Un discours vibrant plusieurs fois applaudi.

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À l’Assemblée nationale, mardi 13 janvier, alors qu’une minute de silence pour les victimes du terrorisme s’achevait, les députés ont entonné ensemble "La Marseillaise" : une première depuis la victoire contre l’Allemagne en 1918. C'est dans ce rare moment d'unité, après les prises de parole des présidents de groupes parlementaires, que le Premier ministre Manuel Valls s'est exprimé, ovationné par les députés.

"La France est en guerre contre le terrorisme"

Manuel Valls souligné que les autorités devaient être "à la hauteur de l’attente, de l’exigence, du message des Français" qui se sont mobilisés par millions pour manifester, dimanche 11 janvier, contre "la barbarie" des tueries de la semaine dernière, qui ont fait 17 victimes à Paris et dans sa proche banlieue.

"Oui, la France est en guerre contre le terrorisme, le jihadisme et l’islamisme radical", a-t-il dit devant un hémicycle qui, à droite comme à gauche, l’a copieusement applaudi.

Manuel Valls a insisté sur la persistance de "risques sérieux et très élevés" en France, "ceux liés à d’éventuels complices, ou encore ceux émanant de réseaux, de donneurs d’ordre du terrorisme international, de cyberattaques".

"Des mesures exceptionnelles"

Il s'est engagé à un renforcement "exceptionnel" des mesures de renseignement et de surveillance de la mouvance jihadiste à l’étranger et en France – réseaux ou "loups solitaires" –, sans précipitation.

>> À lire sur France 24 : "Face au terrorisme, Manuel Valls rejette l’idée de mesures d’exception"

Mais le Premier ministre a surtout prôné un examen de conscience de la classe politique et des représentants du culte musulman sur "les échecs de l’intégration" et les dérives islamistes, les agresseurs de "Charlie Hebdo" et d’une supérette casher ayant revendiqué leurs liens avec la mouvance jihadiste.

"L'islam a toute sa place en France"

"Je ne veux plus que dans notre pays, il y ait des juifs qui puissent avoir peur et je ne veux pas qu’il y ait des musulmans qui aient honte", a-t-il lancé devant des députés galvanisés. "L'islam est la deuxième religion de France, elle a toute sa place en France, et notre défi, pas en France, mais dans le monde, c'est de faire cette démonstration : la République, la laïcité, l’égalité hommes-femmes sont compatibles avec toutes les religions sur le sol national qui acceptent les principes et les valeurs de la République", a-t-il dit.

Manuel Valls a exhorté à "la plus grande intransigeance" face à "ceux qui tentent, au nom de l'islam, d'imposer une chape de plomb sur des quartiers, de faire régner leur ordre sur fond de trafics et sur fond de radicalisme religieux".

Pour le Premier ministre, "la réponse aux urgences de notre société doit être forte, sans hésitation : la République et ses valeurs. Et en premier lieu la laïcité, qui est gage d’unité et de tolérance".

Son discours s'est achevé par une ovation de l'Assemblée nationale, y compris à droite.

Avec Reuters

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