FRANCE

Mort de Rémi Fraisse : remise en liberté du gendarme qui a lancé la grenade

Depuis le drame de Sivens, le gouvernement a interdit l'utilisation des grenades offensives.
Depuis le drame de Sivens, le gouvernement a interdit l'utilisation des grenades offensives. Georges Gobet, AFP

Le gendarme placé en garde à vue mercredi dans l'enquête sur le tir de grenade responsable de la mort du militant écologiste Rémi Fraisse, en octobre, sur le site du barrage de Sivens, a été remis en liberté.

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Le gendarme lanceur de la grenade offensive qui avait provoqué la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, est sorti libre de sa garde à vue, mercredi 14 janvier à 19h30. Celle-ci avait commencé quelques heures plus tôt. La gendarmerie nationale l'avait annoncé sur son compte twitter via un communiqué de presse. Une information également confirmée de source judiciaire.

Les deux juges d'instruction toulousains en charge de l'affaire avaient fait placer cet homme, auteur du tir mortel, en garde à vue en région parisienne. Ils "n'ont pas jugé nécessaire de se le faire déférer", a indiqué le procureur de la République de Toulouse Pierre-Yves Couilleau.

"Cette décision ne préjuge en rien de la suite", notamment d'une éventuelle convocation ultérieure devant les juges du maréchal des logis chef J., a ajouté le procureur.

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Avant l'annonce de la la remise en liberté, l'avocat de la famille de Rémi Fraisse, Arié Alimi, estimait que "le choix du régime de garde à vue désavoue ipso facto les conclusions de l'enquête administrative" de l'Inspection générale de la gendarmerie (IGGN) qui avait écarté, début décembre, toute faute professionnelle des gendarmes.

Enquête contre X

Le parquet de Toulouse avait ouvert une information judiciaire à la suite de la mort de Rémi Fraisse, botaniste de 21 ans tué sur le site de Sivens, dans le Tarn, lors de heurts entre des manifestants opposants à un projet de barrage avec les forces de l'ordre.

Cette enquête, ouverte contre X, vise des "faits commis par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions". Deux juges d'instruction ont été désignés pour mener les investigations.

Lors de son audition la nuit même des faits par les enquêteurs, révélée par Mediapart, le lanceur de la grenade, le maréchal des logis chef J., explique avoir pris cette décision "au vue de la situation qui est à (ses) yeux critique".

"Avant de la jeter, je préviens les manifestants de mon intention (...) Je prends soin d'éviter de l'envoyer sur les manifestants eux-mêmes mais à proximité de ces derniers", déclare-t-il.

Depuis le drame, l’utilisation des grenades offensives a été interdite par le gouvernement.

Avec AFP
 

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