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"Charlie Hebdo" enterre les victimes des frères Kouachi

Le cercueil du dessinateur Tignous, le 15 janvier 2015.
Le cercueil du dessinateur Tignous, le 15 janvier 2015. Bertrand Guay, AFP

Wolinski et Tignous, deux piliers de "Charlie Hebdo", ainsi que quatre autre victimes tués dans l’attaque du 7 janvier, ont été enterrés jeudi, tandis que le dernier numéro du journal satirique continuait de s’arracher en kiosque à travers le pays.

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La sombre litanie continue. Après l’inhumation de Cabu la veille, les dessinateurs Wolinski,Tignous et quatre autres vicimes de l'attentat perpétré par les frères Kouachi contre "Charlie Hebdo" ont été enterrés, jeudi 15 janvier. De nombreuses personnalités du monde politique et culturel ont rendu un dernier hommage aux deux figures historiques de l'hebdomadaire satirique, tandis que les Français continuaient à se ruer sur le dernier numéro sorti en kiosque.

Dessinateur mythique pour toute une génération, père du célèbre "Roi des cons", Wolinski, 80 ans, avait été un pilier du journal "Hara-Kiri" dans les années 60, puis de "Charlie Hebdo". Il a été inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris. L'un des derniers dessins de Wolinski, resté sur son plan de travail, était exposé dans la salle attenante au crématorium, où son cercueil a été introduit sur les notes du jazzman Miles Davis.

Foule nombreuse aux funérailles

La foule était aussi venue nombreuse à la cérémonie pour Tignous, à la mairie de Montreuil, où ses amis ont recouvert de dessins son cercueil de bois clair, ainsi qu'aux obsèques de deux autres victimes de la tuerie : le policier Franck Brinsolaro, qui assurait la protection du dessinateur Charb, et de la psychiatre Elsa Cayat, chroniqueuse à Charlie Hebdo.

Les funérailles de l'économiste Bernard Maris se sont déroulées à Montgiscard (Haute-Garonne) devant 300 personnes, dont les écrivains Michel Houellebecq et Emmanuel Carrère, l'ancien président du Sénat Jean-Pierre Bel et Mathieu gallet, le président de Radio France, où Bernard Maris tenait une chronique.

Le monde des lettres, universitaire et politique s'était réuni dans la petite chapelle de Roqueville, sur une colline surmontant le village de Montgiscard, dont la famille Maris est originaire, à une vingtaine de kilomètres au sud de Toulouse.

Plusieurs autres membres de l’équipe de "Charlie Hebdo" seront inhumés vendredi – les dessinateurs Charb et Honoré, ainsi que le correcteur Mustapha Ourrad.

Ruée sur "Charlie Hebdo" dans les kiosques

Les Français ont, eux, continué à manifester leur solidarité avec le journal en se précipitant de nouveau dans les kiosques jeudi matin pour se procurer le dernier "Charlie Hebdo", dont la une affiche le prophète Mahomet. De nombreux kiosquiers se sont très vite retrouvés, comme la veille, en rupture de stock. À Paris, Lyon ou Lille, des magasins, dévalisés, affichaient la même pancarte : "Plus de Charlie !".

Mercredi, près d'un million d'exemplaires s'étaient écoulés en quelques heures. Le distributeur du journal, MLP, prévoit d'en livrer à nouveau un million par jour jeudi et vendredi, du jamais vu dans la presse française. Au total, le numéro sera imprimé à 5 millions d'exemplaires. Près de 130.000 exemplaires devaient être livrés dans une trentaine de pays d'ici jeudi soir.

Grâce aux dons qui affluent, aux recettes des ventes et aux aides promises par le gouvernement, le journal devrait recueillir plus de 10 millions d'euros. Une assurance-vie pour ce petit magazine sans le sou, il y a encore une semaine.

Avec AFP
 

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