TERRORISME

La Belgique, un refuge prisé par l’islamisme radical

Des policiers belges en faction dans la capitale, le 15 janvier 2015.
Des policiers belges en faction dans la capitale, le 15 janvier 2015. Jonas Roosens, AFP

Le raid mené jeudi soir par la police belge, et qui s'est soldé par la mort de deux jihadistes présumés, a remis en lumière la menace que représentent pour la Belgique les jihadistes de retour de Syrie.

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L’opération antiterroriste menée jeudi, à Verviers, près de Liège, par la police belge contre des suspects "sur le point de commettre des attentats d'envergure", a remis sur le devant de la scène la menace que représentent pour ce pays les jihadistes de retour de Syrie.

Et pour cause, des données montrent que c'est la Belgique qui compte, proportionnellement au nombre d’habitants, le taux le plus élevé en Europe de personnes ayant quitté le pays pour combattre au Moyen-Orient au sein des groupes jihadistes.

Même en chiffres absolus, avec une population bien moins importante, le plat pays arrive en troisième position, derrière la France et le Royaume-Uni. Le gouvernement belge estime qu'une centaine de ces candidats au jihad sont revenus dans le pays, qu'une quarantaine d'entre eux ont été tués sur le terrain et que 170 environ seraient toujours actifs en Syrie ou en Irak.

Le chômage touche 24 % des moins de 25 ans

Verviers est considéré, avec certains quartiers et banlieues de Bruxelles, comme l'un des principaux foyers de radicalisation islamiste en Belgique. Selon l'OCDE, le royaume belge fait partie des pays industrialisés ayant le taux de chômage des jeunes le plus élevé. Ainsi, les recruteurs extrémistes ont souvent trouvé une oreille attentive auprès d’une jeunesse livrée à elle-même, dans un pays qualifié par les experts de terre "idéale" et de "refuge" pour les jihadistes, du fait d’un "laxisme" législatif.

En Belgique, où le chômage touche 24 % des moins de 25 ans, "les prédicateurs ont réussi à s’implanter et à approcher ces jeunes sans travail, sans idéal", expliquait récemment à France 24 Roland Jacquard, président de l'Observatoire international du terrorisme.

"Le désespoir est certainement l'un des principaux facteurs d'explication. Quand on est désespéré, quand on a l'impression de n'avoir aucun avenir, on est beaucoup plus facilement des proies pour ceux qui prêchent la haine", a indiqué Laurette Onkelinx, ancienne ministre de la Justice, sur la chaîne de télévision RTBF.

C’est dans ce contexte que le royaume s’est penché sur la question des combattants de retour en Belgique, faisant l'objet d'une enquête et d'une surveillance. D’ailleurs, les suspects de Verviers, trois jeunes Belges partis combattre en Syrie et revenus il y a une semaine, avaient été mis sur écoute par la police.

Le pays, qui participe à la coalition sous commandement américain en lutte contre l'organisation de l’État islamique (EI), a déjà été la cible d'un attentat en mai 2014, avec l'attaque menée contre le musée juif de Bruxelles qui avait fait quatre morts. Le Français Mehdi Nemmouche, revenu de Syrie quelques mois plus tôt, avait été inculpé en Belgique après avoir été arrêté à Marseille.

En septembre, les autorités avaient ensuite déjoué plusieurs projets d'attentats jihadistes à Bruxelles, dont un ciblant la Commission européenne.

Un tribunal d'Anvers doit rendre prochainement son jugement à l'encontre de 46 prévenus accusés d'avoir recruté des jeunes gens pour aller faire le jihad en Syrie. Le verdict aurait dû être rendu cette semaine mais l'annonce en a été repoussée d'un mois après les attentats sanglants survenus à Paris.

Avec Reuters

 

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