PROCHE-ORIENT

Crimes de guerre : la CPI "examine" la plainte de l'Autorité palestinienne

Un enfant palestinien dans la banlieue de Gaza, le 19 octobre 2014.
Un enfant palestinien dans la banlieue de Gaza, le 19 octobre 2014. Mahmud Hams, AFP

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé vendredi l'ouverture d'un "examen préliminaire", étape préalable à une enquête, sur des crimes de guerre présumés commis l'été dernier par Israël dans les Territoires palestiniens.

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C’est une étape hautement symbolique qui a fortement irrité Israël. La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert, vendredi 16 janvier, un examen préliminaire sur la "situation" dans les Territoires palestiniens.

Cet examen préliminaire est possible depuis que les Palestiniens ont adhéré au Statut de Rome, qui régit la CPI, le 2 janvier. La procureure peut désormais examiner s’il existe une "base raisonnable" pour l'ouverture d'une enquête concernant les accusations d'atrocités formulées par l'Autorité palestinienne après le conflit de l'été dernier dans la bande de Gaza. Plus de 2 100 victimes avaient été recensées parmi la population, en majorité des civils.

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"Tout se passe comme prévu", a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie palestinienne, Riyad al-Malki, "aucun État, personne ne peut arrêter ce que nous avons lancé, et au bout du compte c'est une véritable enquête qui aura lieu après l'enquête préliminaire".

Cette décision, en revanche, a été immédiatement dénoncée par Israël, qui la juge "scandaleuse" : elle a pour seul objectif de "saper le droit d'Israël à se défendre contre le terrorisme", a affirmé le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman.

L'Autorité palestinienne officiellement membre de la CPI le 1er avril

Israël, qui figure parmi les 123 États à ne pas avoir adhéré à la CPI, ne devrait pas coopérer, a également assuré Lieberman. En réponse à la signature du Statut de Rome par Mahmoud Abbas, l’État hébreu avait menacé de poursuivre les dirigeants palestiniens aux États-Unis ou ailleurs pour "crimes de guerre".

L'Autorité palestinienne deviendra officiellement membre de la CPI le 1er avril. À partir de cette date, les Palestiniens auront le droit de demander des comptes aux dirigeants israéliens pour des opérations militaires futures à Gaza ou pour l'occupation par Israël de la Cisjordanie, notamment.

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L'ONG Amnesty International a, quant à elle, affirmé que cet examen préliminaire "pourrait éventuellement mener à une enquête de la CPI sur les crimes commis" par les deux camps, israélien et palestinien. Et ainsi "briser la culture de l'impunité qui a perpétué un cycle de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité".

La CPI, installée à La Haye, aux Pays-Bas, est compétente pour poursuivre des auteurs présumés de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis depuis le 1er juillet 2002.

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Avec AFP et Reuters

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