ALLEMAGNE

Menacé, le mouvement anti-islam Pegida annule une manifestation

Manifestants du mouvement anti-islam Pegida dans les rues de Dresde, le 12 janvier 2015.
Manifestants du mouvement anti-islam Pegida dans les rues de Dresde, le 12 janvier 2015. Robert Michael, AFP

Pegida, le mouvement allemand hostile à l'islam, ne manifestera pas lundi dans les rues de Dresde. Le porte-parole de la police a déclaré que tous les rassemblements prévus ce jour avaient été interdits, évoquant "un risque terroriste concret".

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Le mouvement allemand anti-islam Pegida, a annoncé, dimanche 18 janvier, l'annulation de sa prochaine manifestation hebdomadaire prévue lundi à Dresde, dans l’est de l’Allemagne. Pegida, qui défile chaque lundi dans plusieurs villes allemandes depuis octobre, invoque "des raisons de sécurité" après une menace de mort émanant de l’organisation État islamique contre l'un des organisateurs.

"Nous nous voyons contraints de prendre cette mesure, après discussion avec les services de police", écrivent les responsables de Pegida sur leur page Facebook, en dénonçant "une atteinte grave à la liberté d'opinion et de manifester" de la part "des forces terroristes".

"Menace concrète"

La police de Dresde a confirmé l’interdiction de la manifestation, comme de tous les rassemblements publics prévus lundi dans la ville allemande. Elle a affirmé dans un communiqué avoir "reçu des informations au sujet d’une menace concrète contre la marche hebdomadaire de Pegida". "Des tueurs étaient invités à se mêler aux manifestants et à assassiner l'un des dirigeants de la marche", écrit la police, précisant que l'origine de cet appel était similaire à "un tweet en arabe qui qualifiait les manifestants de Pegida d'ennemis de l’islam".

Les services de renseignements allemands redoutent de possibles attaques terroristes contre les cortèges du mouvement anti-islam, a affirmé le magazine "Der Spiegel" dans son édition de samedi. Selon l'hebdomadaire, des "services de renseignements étrangers" ont indiqué à leurs homologues allemands avoir intercepté des communications entre des "jihadistes connus" dans lesquelles étaient évoquées de "possibles attaques contre les marches hebdomadaires de Pegida". Ces informations sont prises "très au sérieux" par les autorités, écrit le "Spiegel", qui cite une source sécuritaire allemande "de haut rang".

Une dizaine de perquisitions

Vendredi 16 janvier au matin, une dizaine de perquisitions au sein de la "mouvance islamiste" ont été effectuées à Berlin. Deux personnes ont été arrêtées. Des coups de filet dans des milieux jihadistes présumés ont aussi eu lieu ces derniers jours en Belgique, en France et en Grèce.

Au lieu de manifester lundi, Pegida demande à ses sympathisants d’afficher leurs opinions sur la façade de leur domicile. "Nous demandons à chaque Européen favorable à la liberté d'opinion et opposé au fanatisme religieux d'installer son drapeau national et une bougie à la fenêtre", écrivent les organisateurs qui ont l'habitude de communiquer de façon anonyme sur leur page Facebook et déclinent toute communication directe avec des journalistes.

>> À lire sur France 24 : "Les attentats à Paris, une aubaine pour le mouvement anti-islam Pegida"

Les rassemblements de Pegida ("Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident"), organisés depuis octobre, ont réuni un nombre toujours croissant de personnes à Dresde. Lundi, cinq jours après les attentats commis à Paris au nom du jihad, 25 000 personnes, un record, ont défilé dans la capitale de la Saxe pour réclamer une politique migratoire plus restrictive.

Avec AFP et Reuters

 

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