FRANCE

Attentats à Paris : les gardes à vue de neuf suspects prolongées

Policiers français en patrouille.
Policiers français en patrouille. Philippe Desmazes, AFP

L'enquête sur les attentats de Paris se poursuit autour d'éventuelles complicités. Les gardes à vue de neuf personnes ont été prolongées dimanche, à l'orée d'une semaine qui sera marquée par plusieurs annonces pour renforcer la lutte antiterroriste.

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Neuf des douze personnes interpellées dans la nuit de jeudi à vendredi en région parisienne dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris ont vu, dimanche 18 janvier, leur garde à vue prolongée de 48 heures. Les trois autres suspects, compagnes d'hommes toujours en garde à vue, ont été relâchées dès samedi, a appris l'AFP de source judiciaire.

Les enquêteurs s'intéressent donc toujours à huit hommes âgés de 22 à 46 ans et la compagne de l'un d'eux. Il s'agit de personnes "connues des services de police pour des faits de droit commun", avait précisé, vendredi, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Ils sont interrogés sur le "possible soutien logistique", armes ou véhicules, qu'ils sont susceptibles d'avoir apporté à Amédy Coulibaly, qui a tué une policière municipale le 8 janvier à Montrouge puis quatre juifs le lendemain dans un supermarché casher de la porte de Vincennes.

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Parallèlement à cette enquête, le gouvernement français a choisi de réprimer durement tout acte ou message faisant l'apologie des attentats ou de leurs auteurs, en multipliant les procédures judiciaires. Il a en outre lancé une "mobilisation de l'École pour les valeurs de la République", après que de nombreux élèves eurent refusé de se joindre à la minute de silence pour les victimes. La ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem doit d'ailleurs faire de premières annonces cette semaine.

D'autres annonces seront scrutées : le gouvernement doit présenter mercredi ses mesures pour renforcer le renseignement après les "failles" révélées par les attentats, perpétrés par des jihadistes français connus, parfois, de longue date. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve doit proposer un renforcement de la Direction générale de la sécurité intérieure, notamment pour surveiller Internet et les réseaux sociaux. Le Premier ministre Manuel Valls a, quant à lui, promis la création d'un fichier des personnes condamnées pour terrorisme ou membres d'un groupe de combat.

Avec ces annonces, le gouvernement espère perpétuer, au moins sur ce terrain, l'unité nationale qui règne depuis les attentats. Bernard Cazeneuve, dont la gestion de la crise est saluée par près de huit Français sur dix selon un sondage Odoxa pour "Le Parisien/Aujourd'hui en France" de dimanche, a assuré dans une lettre au président de l'UMP Nicolas Sarkozy que la plupart de ses propositions étaient partagées voire mises en œuvre par l'exécutif socialiste. En revanche, il a opposé une fin de non recevoir à une proposition phare de l'UMP : l'interdiction de retour en France de jihadistes même s'ils sont français, jugée contraire à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme.

Avec AFP

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