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Cessez-le-feu à Sanaa, les rebelles houthis aux portes du palais présidentiel

Des soldats yéménites près du palais présidentiel à Sanaa, le 19 janvier 2015.
Des soldats yéménites près du palais présidentiel à Sanaa, le 19 janvier 2015. Mohammed Huwais, AFP

Après des affrontements meurtriers, un cessez-le-feu a été décrété, lundi à Sanaa, entre l’armée yéménite et la milice chiite des Houthis, qui se trouve désormais aux portes du palais présidentiel.

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Après de longues heures de tensions et de violents affrontements entre l'armée yéménite et les miliciens chiites houthis, un cessez-le-feu a été décrété en fin de journée, lundi 19 janvier, dans la capitale Sanaa. L'arrêt des hostilités a ensuite été confirmé par des témoins, peu après l’entrée en vigueur de la trêve.

Le cessez-le-feu a été annoncé peu après un appel de la Ligue arabe à "toutes les forces politiques" à mettre fin à "l'escalade malheureuse des violences au Yémen". Selon un bilan de source officielle, les combats ont fait au moins neuf morts et 14 blessés dans la capitale yéménite où la puissante milice chiite s'est rapprochée du palais présidentiel pour renforcer son emprise sur la ville.

>> À lire sur France 24 : "L’irrémédiable ascension des Houthis, nouveaux maîtres de Sanaa"

Toujours est-il que la sécurité du président Abd Rabbo Mansour Hadi n'a pas été directement menacée puisqu'il n'était pas présent au palais présidentiel, situé dans le sud de la capitale, autour duquel se sont concentrés les affrontements. Selon des sources politiques, le président, qui utilise rarement ce palais, a multiplié les consultations dans sa résidence, où il a négocié le cessez-le-feu avec un représentant d'Ansaruallah, la milice des Houthis.

Cette dernière a affirmé s'être emparée d'une colline stratégique située près du palais. "Nous contrôlons le Jebel Nahdine qui surplombe le palais présidentiel, et nous permettons aux gardes de la présidence de quitter leur position avec une arme personnelle", a affirmé Ali al-Bukhaiti, un responsable d'Ansaruallah.

Par ailleurs, des miliciens chiites ont commencé à pilonner aux armes moyennes et lourdes un camp de la garde présidentielle situé au sud de la résidence présidentielle, ont rapporté des témoins. Des renforts de miliciens ont aussi été vus faisant route vers le palais avec deux chars de combat.

En outre, le convoi du Premier ministre Khaled Bahah a essuyé des tirs de miliciens chiites après avoir participé à une réunion avec le président Abd Rabbo Mansour Hadi. Le chef du gouvernement en est sorti indemne, a indiqué la ministre de l'Information Nadia al-Sakkaf.

Les Houtis veulent un accès à la mer

L’étau semble se resserrer sur le pouvoir central dont les capacités semblent de plus en plus restreintes puisque la ministre de l'Information a annoncé que la télévision nationale et l'agence officielle Sana échappaient désormais au contrôle de l'autorité de l'État. Les miliciens houthis "refusent de publier une quelconque déclaration du gouvernement", selon Nadia al-Sakkaf.

Ansaruallah semble ainsi chercher à renforcer son emprise sur Sanaa où elle était entrée le 21 septembre et en contrôlait jusqu'ici les principaux secteurs et bâtiments publics. Le regain de violences est intervenu deux jours après l'enlèvement par les miliciens chiites d'Ahmed Awad ben Moubarak, le chef de cabinet du président et l'un des architectes du projet de nouvelle Constitution.

Ahmed Awad ben Moubarak, qui a supervisé la rédaction de ce projet de Loi fondamentale, avait dirigé le processus de dialogue national lancé après le départ de l'ancien président Ali Abdallah Saleh en février 2012 après un an de soulèvement. Les miliciens chiites, qui n'ont cessé de monter en puissance depuis leur entrée dans la capitale, s'opposent à ce texte qui prévoit un Yémen fédéral, composé de six régions.

Le découpage du pays les priverait en effet d'un accès à la mer, l'une de leurs principales quêtes depuis qu'ils ont quitté leur fief montagneux de Saada, dans le nord, pour conquérir de larges portions du territoire yéménite.

Avec AFP

 

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