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Houellebecq mieux compris en Allemagne qu'en France

Michel Houellebecq lors d'une lecture au festival de littérature de Cologne, le 19 janvier 2015.
Michel Houellebecq lors d'une lecture au festival de littérature de Cologne, le 19 janvier 2015. Patrik Stollarz, AFP

Controversé en France, le dernier roman de Michel Houellebecq, qui dépeint une France dirigée par un musulman, connaît un beau succès en Allemagne. Pour beaucoup de critiques, l'écrivain est plus un intellectuel qu'un auteur à scandale.

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Invité du festival international de littérature de Cologne en Allemagne, l’écrivain Michel Houellebecq a réagi aux critiques qui l’accusent en France de jouer avec la peur de l'islam avec la parution de son dernier roman "Soumission". Alors que dans ce livre, il imagine une France dirigée par le chef d'un parti musulman, l'auteur s’est défendu d'avoir "écrit un livre islamophobe", mais a estimé qu'on avait le droit de le faire au nom de la liberté d’expression.

"Le début de mes interviews sur 'Soumission' a été pénible car j'ai eu le sentiment de répéter en boucle : mon livre n'est pas islamophobe", a-t-il expliqué.

Le romancier avait interrompu la promotion de son nouvel ouvrage après le massacre de "Charlie Hebdo", dans lequel il a perdu son ami Bernard Maris. Après les attaques terroristes qui ont fait 17 morts en France, Michel Houellebecq craint de devoir encore plus se justifier. L’écrivain a aussi estimé que les manifestations de masse qui ont suivi les attentats islamistes, ont moins montré un désir d'unité nationale que "quelque chose de plus simple : les Français sont massivement attachés à la liberté d'expression".

Dans un contexte tendu autour des menaces jihadistes en Europe, qui ont par exemple conduit le mouvement allemand anti-islam Pegida à annuler lundi à Dresde sa manifestation hebdomadaire, la participation de Michel Houellebecq au salon du livre de Cologne n'a été perturbée par aucun incident et seule une poignée de policiers étaient présents sur le lieu de l'évènement.

"Je suis Houellebecq"

Alors qu'en France, la sortie de son roman suscite toujours une vive controverse, de l’autre côté de la frontière, il fait plus l’objet d’admiration. "Soumission" ("Unterwerfung" en allemand) est déjà un best-seller en Allemagne, alors qu'il n'est en vente que depuis le milieu de la semaine dernière. Il a été accueilli par de vives louanges des critiques.

"Je suis Houellebecq", a titré en français le quotidien allemand de gauche "Tageszeitung" pour parler d'"Unterwerfung". "Celui qui qualifie Houellebecq d'auteur à scandale qui ne fait que provoquer intentionnellement, celui-là devrait retirer Sade, Rimbaud, Baudelaire, Balzac de sa bibliothèque ou les lire une fois", y écrit la critique Doris Akrap.

Le prestigieux hebdomadaire "Die Zeit", de centre-gauche, voit en "Soumission" "une satire pleine d'humour" tandis que le quotidien conservateur "Die Welt" affirme : "On ne le dira jamais assez fort : 'Soumission' n'est en aucun cas un roman raciste ou islamophobe". Pour le critique de ce journal, Jan Küveler, "plus que tout autre écrivain européen actuel, Houellebecq a la sensibilité et le courage d'identifier des conflits larvés (de nos sociétés) et d'en faire la folle trame de ses récits".

En Allemagne, l’auteur français décrié dans son pays fait même l’objet de cours universitaires et de recherches. "On a perçu Houellebecq dès le début beaucoup plus comme un intellectuel alors qu'en France, il a d'abord été considéré comme un auteur à scandale", a ainsi expliqué à l'AFP l'universitaire Christian van Treeck, auteur d'une thèse sur "La réception de Michel Houellebecq dans les pays germanophones".

Avec AFP

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