TERRORISME

L’UE veut enrôler la Turquie et les pays arabes dans sa lutte antiterroriste

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le secrétaire-général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, le 19 janvier.
La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le secrétaire-général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, le 19 janvier. John Thys, AFP

La chef de la diplomatie européenne a annoncé lundi que les Vingt-huit allaient intensifier leur coopération sécuritaire avec la Turquie et plusieurs pays arabes, alors que l'Europe est en état d'alerte depuis les attentats de Paris.

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Une nouvelle étape dans la coopération sécuritaire entre l’Union européenne (UE) et ses partenaires turc et arabes. C’est ce qu’a proposé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, lors d’un sommet des pays de l’UE, à Bruxelles, sur la lutte antiterroriste, lundi 19 janvier.

"Nous préparons des projets spécifiques à lancer dans les prochaines semaines, avec des pays précis, pour accroître le niveau de coopération en matière de contre-terrorisme", a déclaré Federica Mogherini, en citant notamment la Turquie, l'Égypte, le Yémen, l'Algérie, et "des pays du Golfe".

Parmi les "actions concrètes immédiates", Mme Mogherini a cité la présence "d'attachés de sécurité dans toutes les délégations de l'UE dans les pays pertinents", afin d'entretenir des "contacts réguliers entre professionnels de la sécurité et du contre-terrorisme".

Alors que le monde musulman est de nouveau en ébullition après la publication d'une nouvelle caricature du prophète Mahomet en une du dernier "Charlie Hebdo", la chef de la diplomatie européenne a récusé tout "deux poids, deux mesures" et plaidé pour le "dialogue et l'alliance pour éviter toute perception d'un choc" des civilisations. Les "premières victimes du terrorisme sont les musulmans et les pays arabes", a souligné la diplomate.

La lutte contre le terrorisme n'est pas seulement "une question militaire ou sécuritaire", a estimé à Bruxelles le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, affirmant qu'il fallait la livrer "au niveau intellectuel, culturel, médiatique, religieux".

L’Europe en alerte

La coopération en matière de renseignement, le renforcement des contrôles aux frontières de l'espace Schengen, la lutte contre le trafic d'armes ou la création d'un registre commun des passagers aériens (PNR) sont devenus une priorité des dirigeants européens alors que l’UE est en état d'alerte maximale depuis les attentats de Paris.

>> À lire sur France 24 : "Transfert des données des passagers - sécuritaire ou liberticide ?"

En Allemagne, la manifestation hebdomadaire du mouvement anti-islam Pegida a été interdite à Dresde (est) en raison de menaces de mort proférées par l'organisation de l'État islamique (EI) contre l'un de ses organisateurs.

>> À lire sur France 24 : "Pegida, le mouvement allemand anti-musulmans qui prend de l’ampleur"

En France, quatre personnes soupçonnées d'avoir pu apporter un soutien logistique à Amedy Coulibaly, en armes et véhicules notamment, sont en passe d’être mises en examen.

Un Algérien de 33 ans, arrêté samedi à Athènes et soupçonné d'avoir un lien avec la cellule jihadiste démantelée la semaine dernière en Belgique, a aussi été présenté lundi au parquet en vue de son éventuelle extradition.

Mais le chef de la cellule belge, qui projetait des attentats contre des policiers, est toujours en fuite. Il s'agirait d'Abdelhamid Abaaoud, un Belge d'origine marocaine de 27 ans qui a combattu dans les rangs de l'EI en Syrie, selon les médias belges.

Dès samedi, l'armée a commencé à surveiller certains sites sensibles à Bruxelles et Anvers, notamment des ambassades et lieux juifs. La police britannique a également renforcé ses mesures de sécurité.

Avec AFP
 

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