FRANCE

Antiterrorisme : le gouvernement va dévoiler ses premières mesures

Des soldats français patrouillant dans la gare de la Part-Dieu, à Lyon, au lendemain des attentats de Paris.
Des soldats français patrouillant dans la gare de la Part-Dieu, à Lyon, au lendemain des attentats de Paris. Philippe Desmazes, AFP

Renseignement, prison, armée, école... Près de deux semaines après les attentats de Paris, l'exécutif français doit présenter ce mercredi une batterie de nouvelles mesures destinées à renforcer la sécurité et lutter contre le terrorisme.

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Mesures de lutte contre le terrorisme, évolution des effectifs policiers et militaires, discours de François Hollande sur l'école : l'exécutif mène, mercredi 21 janvier, une journée quasi intégralement consacrée aux "leçons" à tirer des attentats, avec le souci de maintenir le "consensus".

Après avoir dévoilé les grandes lignes prises pour combattre le terrorisme mardi à l'Assemblée nationale, le Premier ministre, Manuel Valls, devrait encore les préciser mercredi matin. Le chef du gouvernement a promis "de nouvelles mesures" lors de ses vœux à la presse mardi. "C'est la suite", résume son entourage.

Le Premier ministre mènera à 10h30 à l'Elysée, flanqué de plusieurs ministres dont Bernard Cazeneuve (Intérieur), Christiane Taubira (Justice), Jean-Yves Le Drian (Défense) et Laurent Fabius (Affaires étrangères), une conférence de presse à l'issue du conseil des ministres, avancé à 9 heures en cette journée particulièrement chargée.

"Peine d'indignité nationale" ?

La semaine dernière, Manuel Valls avait entre autres annoncé la création d'un fichier spécifique pour les personnes condamnées pour terrorisme ou membres "d'un groupe de combat terroriste". De même que des "quartiers spécifiques" en prison pour les détenus liés à la mouvance islamiste radicale - il y en aura bientôt quatre de plus que celui expérimenté depuis quelques mois à Fresnes (Val-de-Marne), selon Matignon.

Soucieux de préserver ce climat d'union nationale transpartisane, du moins sur ce volet de la sécurité, l'exécutif pourrait-il reprendre l'idée de l'UMP d'une "peine d'indignité nationale" (privation de droits civiques, civils et politiques) ? Il l'a envisagé ou du moins étudié, selon plusieurs sources au sein de l'exécutif. La "peine d'indignité nationale" est soutenue par les députés socialistes, a d'ailleurs fait savoir mardi un porte-parole des députés socialistes, Annick Lepetit.

Même si Paris est toujours dans le collimateur de Bruxelles pour ses déficits publics hors des clous européens, le gouvernement est également bien décidé à renforcer les effectifs et les moyens de la sécurité intérieure et du renseignement, même s'il lui en coûtera.

Des moyens supplémentaires en effectifs et en budget

"Il y aura des moyens supplémentaires" pour les services de renseignement "en effectifs et en budget", a confirmé Bernard Cazeneuve, lundi soir. De meilleurs équipements (gilets pare-balles, armes plus puissantes) devraient aussi être annoncés, selon plusieurs sources, qui évoquent une rallonge de 400 millions d'euros.

Alors que le plan Vigipirate mobilise à plein plusieurs milliers de policiers, gendarmes et autres militaires, la baisse des effectifs de la Défense va également être ralentie, a annoncé le président François Hollande la semaine dernière à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle en partance pour l'Irak.

Compte tenu de la "situation exceptionnelle" créée par les récents attentats, le "rythme de réduction" des effectifs de la Défense prévus pour "les trois prochaines années" sera "revu et adapté", avait dit le président. Pour l'heure, il est prévu que quelque 22 300 postes de militaires doivent disparaître en 2015, 2016, 2017.

À l'Elysée, un Conseil de défense dirigé par François Hollande doit se tenir sur ces questions à 12h15. Des précisions sur les effectifs sont attendues dans la foulée, via un communiqué du palais présidentiel.

Des mesures dans l’Éducation

Alors que la journée devait être centrée sur la sécurité, François Hollande y a également ajouté ses vœux au monde éducatif mercredi après-midi (16h15) à la Sorbonne, à Paris.

Le président doit notamment revenir sur les incidents qui se sont produits dans plusieurs établissements lors des hommages aux victimes des attentats, écornant l'image d'un pays tout entier "Charlie". Des élèves ont perturbé les minutes de silence, certains affichant même des soutiens aux auteurs jihadistes.

Au-delà de la sécurité, l'exécutif veut en effet étendre les leçons à tirer des attentats à l'ensemble de la société (école, jeunesse, "quartiers"...) Cette problématique de "temps long" sera d'ailleurs au centre la réunion bimensuelle du gouvernement jeudi matin à Matignon.

Le Premier ministre ne veut pas "faire croire aux Français qu'en quelques jours, nous aurions déjà les solutions pour régler des problèmes lourds de notre société". Mais "poser les mots sur les difficultés, les défis à relever, et montrer aux Français que nous avons compris leur message", a-t-il dit mardi, faute de quoi leur sanction sera "implacable".

Manuel Valls et la ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem pourraient annoncer des mesures liées notamment à l'école dans la foulée de cette réunion, selon une source gouvernementale.

Avec AFP
 

 

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