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Apartheid en France : les proches de Valls rétropédalent

Le Premier ministre Manuel Valls a dénoncé, le 21 janvier 2015, un "apartheid" en France.
Le Premier ministre Manuel Valls a dénoncé, le 21 janvier 2015, un "apartheid" en France. Philippe Wojazer, AFP

Lors de ses vœux à la presse, mardi, Manuel Valls a déploré "l’apartheid social, ethnique, territorial", qui se serait installé en France. Il semble désormais regretter l’emploi d’un mot aussi chargé politiquement et symboliquement.

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Lors des émeutes urbaines qui avaient embrasé les banlieues françaises en 2005, Manuel Valls, qui n’était encore que député et maire d’Evry, avait déjà employé le terme d’apartheid pour dénoncer la ghettoïsation de certains quartiers et la relégation sociale de ses habitants. Il se trouve qu’une majorité d’entre eux sont immigrés ou issus de familles immigrées.

En 2005, comme en 2015, les propos de l'actuel chef du gouvernement - "un apartheid social, ethnique et territorial s’est installé" - a provoqué un tollé à droite. Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, a dénoncé, mardi soir sur France 2, une "faute" et s’est dit "consterné". Bruno Retailleau, président du groupe UMP au Sénat, estime dans un tweet qu’expliquer ainsi le terrorisme est "réducteur", évoquant une "autoflagellation nationale".

Le Premier ministre semble lui-même regretter d’avoir à nouveau employé ce terme, qui désigne une politique de ségrégation raciale étatique, telle que celle pratiquée pendant une cinquantaine d’année en Afrique du Sud et justifiée par ses partisans comme une politique de "développement séparé" des races.

Dès mercredi, un proche de Manuel Valls, le député socialiste Jean-Jacques Urvoas a ainsi qualifié de "maladroit" l’emploi de ce terme et assuré que le Premier ministre ne "le réemploierait pas". Ce qu’il s’est d’ailleurs refusé à faire lors de sa conférence de presse consacrée à la "mobilisation générale contre le terrorisme", en affirmant : "peu importent les mots, l’important c’est d’agir dans des territoires qui se sont enfermés sur eux-mêmes". Même s’il a par ailleurs remarqué qu’il employait les mêmes occurrences depuis une dizaine d’années…

"Un sentiment grandissant d’insécurité culturelle"

De son côté, le philosophe Alain Finkielkraut évoque de "graves maladresses". "Si séparatisme il y a, il est le fait des classes populaires d’origine française ou d’immigration ancienne qui vivent aujourd’hui non plus au-delà du périphérique mais au-delà de la banlieue car elles éprouvent dans les quartiers fortement ethnicisés un sentiment grandissant d’insécurité culturelle."

Le débat n’est pas clos pour autant, car le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen a estimé, lui, "fort et légitime" l’emploi du terme apartheid.Les critiques sont aussi venues de la gauche de la gauche, la communiste Clémentine Autain regrettant une "inflation des mots".

Jeudi 22 janvier, le porte-parole du gouvernement, Stephane Le Foll, semble vouloir fermer la séquence médiatique en convenant que "c'est l'idée qui est importante, pas le mot qui peut prêter à discussion".Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone a cherché à voler au secours du Premier ministre, une semaine après son discours applaudi par la quasi-totalité des députés, en estimant qu’il avait voulu "marquer les esprits". Fallait-il pour autant mal nommer les choses ?

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