ARGENTINE

Kirchner ne croit plus au suicide du procureur Nisman et crie au complot

La présidente de l'Argentine Cristina Kirchner en septembre 2014.
La présidente de l'Argentine Cristina Kirchner en septembre 2014. AFP

Après avoir elle-même avancé la thèse du suicide pour expliquer la mort suspecte du procureur Alberto Nisman, le magistrat qui souhaitait la poursuivre, la présidente argentine revient sur sa déclaration et crie au complot.

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Trois jours après la mort surprenante du procureur Alberto Nisman, qui avait demandé 

Washington veut une enquête "impartiale"

"Les autorités (argentines) enquêtent sur sa mort et nous appelons à une enquête complète et impartiale", a déclaré la porte-parole du département d'État Jennifer Psaki, le 23 janvier, se refusant à commenter les allégations formulées par M. Nisman contre la présidente Cristina Kirchner. "Les États-Unis et la communauté internationale continuent de travailler avec le gouvernement argentin et avec les victimes de l'attentat contre (la mutuelle juive) AMIA pour que justice soit rendue", a souligné la représentante de la diplomatie américaine.

l'ouverture d'une enquête contre la présidente argentine, cette dernière a affirmé, jeudi 22 janvier, ne pas croire au suicide du magistrat et a dénoncé un complot contre le gouvernement.

"Le suicide (j'en suis convaincue) n'a pas été un suicide", a-t-elle écrit dans une lettre publiée sur son compte Facebook, à propos de la mort du procureur, alors que la thèse du suicide, à laquelle a conclu l'autopsie, laissent nombre d'Argentins perplexes. Et pour cause, aucun résidu de poudre n'a été retrouvé sur les doigts de sa main droite, avec laquelle il se serait tiré une balle dans la tête, selon Viviana Fein, la magistrate saisie de l'enquête sur la mort du procureur.

Le 14 janvier, Alberto Nisman avait demandé à un juge l'ouverture d'une enquête contre la présidente argentine et son ministre des Affaires étrangères Hector Timerman pour entrave à l'enquête sur l'attentat sanglant contre la mutuelle juive l'AMIA, qui s’était soldé par la mort de 85 personnes. Le procureur devait s'en expliquer devant le Congrès.

Suicide et manipulations

Après avoir été la première responsable à évoquer un "suicide", Cristina Kirchner laisse donc désormais entendre que Alberto Nisman a été victime d'une opération d'agents des services de renseignement restés loyaux à leur ancien patron, Antonio Stiusso, démis de ses fonctions en décembre.

Pour Cristina Kirchner, le procureur a été manipulé et, sur la base de fausses informations qui lui ont été communiquées, il a accusé le gouvernement argentin de protéger l'Iran de toute mise en cause dans l'enquête sur l'attentat de l'AMIA, pour préserver des contrats commerciaux.

"Ils l'ont utilisé vivant et ensuite, ils avaient besoin de lui, mort. C'est triste et terrible", a-t-elle écrit dans sa lettre publiée sur Facebook. "Non seulement l'accusation de Nisman s'effondre, mais elle constitue un véritable scandale politique et judiciaire", considère la présidente, dont le second mandat s'achève fin 2015.

Elle assure que "la véritable opération contre le gouvernement est la mort du procureur après avoir accusé la présidente, le ministre des Affaires étrangères et le secrétaire général de la Campora (Mouvement politique pro-Kirchner, NDLR) d'avoir couvert les Iraniens accusés pour l'attentat terroriste de l'AMIA".

Avec AFP

 

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